Alméa Chaumont : fermeture abrupte d’une section, six apprentis réorientés vers l’Aube

Alors que les élus locaux promettaient son maintien au printemps dernier, le centre de formation Alméa de Chaumont vient de fermer sa section hôtellerie-restauration, deux semaines seulement après la rentrée. Six élèves se voient proposer un transfert près de Troyes, suscitant l’incompréhension et la colère des familles.

C’est par un simple appel téléphonique, lundi, que les apprentis, leurs familles et les maîtres d’apprentissage ont appris la nouvelle. Les sections du Brevet Professionnel (BP) « Arts de la cuisine » et « Arts du service et commercialisation » du site chaumontais d’Alméa ferment leurs portes. En cause : des effectifs jugés trop faibles par la direction, avec seulement quatre jeunes inscrits en cuisine et deux en service.

Sur les réseaux sociaux, l’annonce a fait l’effet d’une douche froide. Les parents d’élèves dénoncent une méthode brutale, un manque d’anticipation et l’absence de communication de la direction. Cette fermeture soudaine contraste fortement avec les engagements rassurants formulés en avril dernier par les acteurs institutionnels locaux, qui promettaient de pérenniser le site de Chaumont à la suite d’un mouvement de grève.

Un transfert logistiquement complexe

Pour assurer la continuité pédagogique, la direction d’Alméa propose de regrouper ces six alternants sur son site de Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube. Si le centre de formation s’engage publiquement à prendre en charge les frais de transport et d’hébergement en internat, la solution est loin de satisfaire toutes les parties.

L’éloignement géographique, estimé à plus d’une heure de route, pose de lourds problèmes d’organisation pour les apprentis. Entre les difficultés de mobilité, le coût du carburant ou les situations de handicap empêchant les trajets en train en autonomie, plusieurs jeunes s’interrogent aujourd’hui sur la faisabilité de poursuivre leur cursus.

Des effectifs en baisse globale et une réorganisation contrainte

Au-delà de ces deux sections, la situation globale du site chaumontais reste fragile. Avec la perte de 72 contrats d’alternance depuis l’an dernier — tombant à 132 contrats actuels —, le centre est contraint de réorganiser ses enseignements.

Les classes de première et deuxième années de CAP coiffure vont ainsi devoir fusionner pour former un seul groupe. Les réductions d’heures liées aux difficultés financières de la structure ont également conduit au récent licenciement d’une formatrice, ravivant les inquiétudes sur la pérennité et la qualité de l’offre de formation sur le territoire haut-marnais.

Chaumont

Julien Chaumont

Fondateur et éditeur de Chaumont City, je conçois ce média indépendant comme un espace de découverte et de lien social. En tant que consultant digital et activateur France Num, j'accompagne également les associations et entreprises dans la création de leurs outils web et le développement de leur visibilité en ligne. En savoir plus