Tribune | « À contre-courant des discours sécuritaires » : le collectif Assigné·e·s à Résistance 52 s’exprime

Nous avons reçu une tribune ouverte de la part du collectif « Assigné·e·s à Résistance Haute-Marne 52 », datée du 30 octobre 2025. Ce texte s’inscrit dans le débat public local, à l’approche des élections municipales de 2026. Afin de contribuer à la pluralité du débat démocratique, nous publions cette tribune dans son intégralité.

À contre-courant des discours sécuritaires: pour une sécurité sociale, écologique et démocratique à Chaumont

À Chaumont, plusieurs candidats aux élections municipales de 2026 ont déjà choisi de faire de la « sécurité » le cœur de leur discours.

Le mot est partout, souvent martelé sans être interrogé. Mais à force d’être répété, il finit par masquer l’essentiel: ici, les véritables menaces pour notre sécurité n’ont que peu à voir avec celles que décrivent les discours alarmistes de l’extrême droite et leurs imitateurs. Car dans notre ville, la peur qui nourrit ces discours relève bien davantage du fantasme que de la réalité.

Le taux de criminalité y est faible et en baisse constante, tandis qu’on nous parle d’urgence à renforcer les effectifs de police municipale ou à multiplier les caméras de surveillance. Pourquoi faudrait-il dépenser l’argent public pour répondre à des problèmes qui n’existent pas, au risque de délaisser ceux qui touchent réellement les Chaumontais·es ?

Cette focalisation sur une insécurité imaginaire détourne l’attention des véritables enjeux. Elle empêche de penser la prévention et la protection contre les risques bien réels du quotidien :

  • le danger constant que représente la circulation automobile pour les piétons et les cyclistes, alors qu’on devrait repenser les mobilités pour rendre la ville plus sûre et apaisée;
  • la sécurité des enfants aux abords des écoles, qui suppose la présence d’agents de surveillance et des aménagements adaptés;
  • celle des aînées, qu’il faut protéger non seulement par une ville accessible et adaptée au vieillissement, mais aussi face aux arnaques en ligne et aux démarchages abusifs;
  • celle des jeunes, que l’on ne protégera pas par la répression mais par l’éducation, la prévention, et la présence d’éducateurs et de médiateurs.

C’est dans ces champs que se joue la véritable politique de sécurité : une sécurité du soin, de la solidarité et de la prévention, plutôt qu’une sécurité du soupçon et du contrôle.

Car l’insécurité la plus répandue à Chaumont, comme ailleurs, est avant tout sociale, écologique et démocratique celle de la précarité économique, du démantèlement des services publics, de la dégradation du cadre de vie, du recul des solidarités et de l’éloignement des citoyen·nes des décisions qui les concernent.

Nous affirmons que la sécurité ne peut exister sans justice. La sécurité, c’est la possibilité de vivre dignement, avoir un toit, un revenu décent, un emploi stable, un environnement sain et des services publics accessibles. C’est pouvoir se déplacer sans crainte, élever ses enfants dans une ville apaisée, vieillir dans la dignité, respirer un air propre. C’est enfin pouvoir compter sur les autres, sur des institutions bienveillantes et sur des espaces démocratiques vivants.

La sécurité ne se décrète pas, elle se construit. Et elle ne se mesure pas au nombre de caméras installées, mais à la capacité d’une collectivité à protéger les plus vulnérables, à réduire les inégalités et à préserver les conditions mêmes du vivant.

Si la question d’un engagement du collectif Assigné·es à Résistance dans la campagne municipale devait se poser, aucune option n’est aujourd’hui arrêtée. Mais nous restons ouverts à la discussion et à la coopération avec toutes celles et ceux qui partagent cette vision: celle d’une sécurité fondée sur la justice sociale, écologique et démocratique.

D’ici là, et bien au-delà de la campagne, nous continuerons à faire entendre une autre voix dans le débat public: celle d’un territoire qui refuse d’avoir peur, qui préfère bâtir plutôt que surveiller, relier plutôt que diviser. Parce qu’à Chaumont, nous savons qu’une ville sûre n’est pas une ville quadrillée. C’est une ville vivante, solidaire et accueillante, où personne n’est laissé de côté.

La peur divise, la solidarité relie. Et c’est là, dans ces liens, que commence la vraie résistance.

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Assigné·es à Résistance Haute-Marne

Assigné·es à Résistance Haute-Marne

Le collectif lutte contre le libéralisme, l’autoritarisme et la destruction environnementale. Il promeut la justice sociale, la bienveillance et l’amour, défend la sécurité sociale et les services publics, et soutient la démocratie participative. Il vise ainsi à favoriser la convergence des luttes sociales.

  • assignees.resistance@orange.fr
Dupont Jean-Paul
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