Tribune libre | Logement étudiant : « loger la jeunesse, ce n’est pas repeindre les murs »

Le collectif « Assigné·es à Résistance Haute-Marne » a souhaité réagir à un récent article de presse du Journal de la Haute-Marne concernant le logement étudiant à Chaumont. Nous publions ici leur tribune dans son intégralité. « Loger la jeunesse, ce n’est pas repeindre les murs ». (Image d’illustration)

À la lecture du récent article consacré au logement étudiant à Chaumont, on pourrait croire que la situation s’améliore, que la Ville et Chaumont Habitat ont enfin pris la mesure des besoins. En réalité, ce texte met surtout en lumière l’ampleur du décalage entre la communication institutionnelle et la vie réelle des jeunes.

On y apprend qu’un immeuble a été réhabilité et qu’une dizaine de logements familiaux sont transformés chaque année en colocation. Un chiffre flatteur sur le papier, mais bien dérisoire face aux 800 à 1000 étudiantes que compte Chaumont chaque année.

Et puis, il y a ce moment savoureux: le directeur de Chaumont Habitat qui, interrogé sur le projet de résidence intergénérationnelle, déclare qu’il en existe déjà, « même si elles ne portent pas ce nom », puisque dans certains immeubles, « des familles, des personnes âgées et des jeunes cohabitent déjà ». Effectivement, cela s’appelle tout simplement « un immeuble », rien de plus, rien de moins ! Là, visiblement, c’est raté.

Quant au représentant de la Ville, il semble également être à la peine avec cette fameuse « colocation intergénérationnelle » censée « sortir les aînés de l’isolement » tout en offrant une solution moins chère aux jeunes, et finit par avouer que le projet est « sur la table depuis plusieurs années ». Voilà qui en dit long et illustre le fossé entre les beaux discours et la réalité.

À force de « réfléchir » sans jamais agir, la ville finit par transformer ses promesses en décor de communication. La vérité, c’est que les difficultés de logement des étudiants ne sont pas une fatalité, mais bien le fruit de choix politiques et d’une vision étriquée de ce que devrait être une ville accueillante pour sa jeunesse.

Derrière les chiffres et les formules convenues, le constat demeure : aucune vision d’ensemble n’existe pour le logement étudiant. Créer dix logements par an, réhabiliter un immeuble ou se féliciter d’une soirée d’accueil, ne suffit pas à une politique d’accueil. C’est tout au plus un pansement posé sur une fracture sociale. Les étudiant·es méritent une politique plus ambitieuse, basée sur une véritable solidarité générationnelle, où la charité et la débrouille n’ont pas leur place.

Une ville qui prétend vouloir attirer les jeunes se doit de leur offrir :

  • Un nombre suffisant de logements publics entretenus, à des tarifs adaptés à la capacité financière de chaque occupant, et pas seulement des « adaptations », au compte-gouttes, d’appartements vacants !
  • Des transports collectifs adaptés et gratuits entre les lieux de résidence et d’étude.
  • Et surtout, une écoute réelle, débouchant sur une véritable implication dans la vie de la cité, notamment à travers le tissu associatif.

Les élu·es aiment répéter que les étudiant·es incarnent « l’avenir du territoire ». Alors qu’ils commencent par leur offrir un présent vivable. Parce qu’un territoire qui laisse sa jeunesse galérer pour se loger, ce n’est pas un territoire qui prépare l’avenir. C’est un territoire qui se résigne à son propre déclin.

Voir le communiqué au format PDF

Assigné·es à Résistance Haute-Marne

Assigné·es à Résistance Haute-Marne

Le collectif lutte contre le libéralisme, l’autoritarisme et la destruction environnementale. Il promeut la justice sociale, la bienveillance et l’amour, défend la sécurité sociale et les services publics, et soutient la démocratie participative. Il vise ainsi à favoriser la convergence des luttes sociales.

  • assignees.resistance@orange.fr
Coudray
Triste réalité qu'on essaye de camoufler par de la communication au lieu de prendre le sujet à bras le corps. Affligeant. L'intergénérationnalité ne se décréte pas, encore là à force de com, mais elle se construit en lien avec les intéressés et dans un cadre harmonieux du "bien vivre ensemble"...