“Sourire est une bataille” frappe les violences intra-familiales à coups multiples

Au Nouveau relax, “Sourire est une bataille”, performée jeudi 12 février, conte les dures retrouvailles entre un frère et une sœur. Au détour de mots et de cris, quand ce ne sont pas des gestes brusques, le spectacle frappe, à coups multiples, les violences intra-familiales. Flaubertien dans son récit, théâtral dans sa mise en scène. Percutant, même si difficilement compréhensible. 

Comme une œuvre de Gustave Flaubert, “Sourire est une bataille”, signée par la compagnie Pardes Rimonim, a clairement plus de forme que de fond. Moyennant des échanges de banalités, un absurde certain cache un problème pourtant évident, ou plutôt un tabou. C’est le mal de l’histoire, son maître thème… Les violences faites aux enfants. Suivant le décès de leur père, un frère et une sœur, Pierre-Alain (Valéry Plancke) et Mélodie (Amandine Truffy) reviennent dans la maison de leur enfance. Un sombre concours de circonstance oblige, dont les causes sont tues. C’est pour l’intrigue et son décor. Que cela cache-t-il ?

Après “Tu comprendras quand tu seras grand.e”, premier volet d’un diptyque axé sur la famille, “Sourire est une bataille” dessine une confrontation entre un frère et une sœur. De prime abord, ils n’ont, l’un.e pour l’autre, qu’aversion et méprise. Face à face, ils s’échangent des cris et des mots piquants, là où la précédente distance était à la fuite (des appels). Ce qui est là un moyen de nier l’évidence de leurs retrouvailles, comme le malaise qui en sous-tend. Devant ce spectacle, le public doit aller au devant de cette forme pour comprendre et interpréter le fond… du problème. Tâche peu aisée, voire inatteignable.

Retracer le fil

Dans un comique, surtout, de situation, les gestes des personnages, au détour de ruées vers le murs et de chutes, permettent de sortir les maux. Les actes et comportements, eux, traduisent une avancée progressive vers la fatidique esquisse de confession. Par ce refuge sous la tente d’enfants, sinon les chaises de plage. Et ce, jusqu’à l’écoute d’enregistrements du passé, du défunt père avec sa femme et ses enfants. Dès lors, le retour presque forcé, par le destin, devient vite un difficile départ. Huis-clos familial et tragique, doublé d’un brouillon de vaudeville, qui ne disent pas leurs noms… sur la maltraitance contre les enfants ? Sujet poignant dans tous les cas, dont on laisse l’interprétation finale !

Al’ Warnet

Al’ Warnet

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.

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