
Tout, dans le quotidien de Sylvain Demay, enfant né dix ans après Mai 68, a un sens militant. Des réflexions militants de ses parents, plus à gauche que la gauche elle-même, des discussions de famille, de l’activisme de son frère aîné, de son adhésion à Lutte ouvrière au lycée… Activiste politique arrivé, sur le tard, dans le professorat, l’engagement passe, chez cet élu municipal de Chaumont (depuis 2020), par la transmission de connaissances, les échanges raisonnés et la flamme de l’action. Éléments qu’il entend bien mettre en avant, avec sa liste, pour les prochaines échéances électorales.
Bleus, ses yeux regardent aussi loin que le large horizon permet. Sa réflexion, de la même manière, prend racine dans chaque origine de sujet, jusqu’à son détail le plus infime. C’est sa base autant que l’essence de son identité, portée par un nom… Sylvain Demay. Activiste politique (bénévole) chez Lutte ouvrière (LO) converti au professorat, en Français et Histoire-Géographie en lycée pro, cet actif (professionnel) acharné, en élu municipal des salles et du terrain, tient la flamme de son engagement de ses années pré-étudiantes. « Militer, c’est, avant tout, défendre et propager des idées. Et, il faut savoir lesquelles », confie-t-il. Sur ça, rien qu’en le voyant, on le croit volontiers.
Des discussions de famille, de son référentiel de grand-frère, de ses absences scolaires lors de grèves éducatives (voulues par ses parents)… Autant de raisons comme celles-ci expliquent l’entrée de Sylvain Demay, enfant rémois de 1978 (son année de naissance). Dans les années 1980, déjà et lors des repas, ses parents lui font état de leur intérêt pour la politique. « Ils étaient plus à gauche que la gauche, déçus par François Mitterrand (et le socialisme), avaient fait Mai 68 », exprime-t-il. « Devenir communiste-trotskiste et révolutionnaire (ce qu’il est encore, aujourd’hui, NDLR), à mon adolescence, a été une évidence », ajoute-t-il.
Au lycée, dans les années 1990, il suit, à peu de choses près, le même chemin que son grand-frère, son référentiel (ce dernier avait participé aux grèves de 1986, contre la droite gouvernementale). A cette époque, « J’ai eu la chance de rencontrer des militants LO, imprégnés des valeurs du marxisme révolutionnaire. [Grâce à eux], j’ai compris que les ‘véritables’ communistes sont morts dans les goulags, après avoir défendu [leurs idées] contre le Stalinisme », explique-t-il. Sa conscience, dès lors, lui donne à lire, discuter et comprendre le monde et ses changements. A l’image, d’une certaine manière, du parti qu’il a rejoint, qui concentre « une histoire de luttes passées », intimement liées au présent.
Lorsqu’il rejoint les bancs de l’éducation nationale, au milieu des années 2000, son activisme politique se mêle à sa façon d’enseigner, l’un nourrissant l’autre et vice-versa. « Être prof (en lycée prof) se ressent de ce militantisme. Je conçois [cette profession] comme une manière de déguiser la curiosité des élèves, de leur donner une soif de culture et de les amener à réfléchir par eux-mêmes. C’est comme ça que je conçois mon métier », exprime Sylvain Demay. Et, au-delà même de sa profession, l’essentiel de son train de vie est dédié au militantisme. Ce qui, dans le même temps, ne date pas d’aujourd’hui, pas non plus de son entrée dans le monde actif
Quand il arrive à Chaumont, quinze ans plus tôt, Sylvain Demay a un objectif : permettre à Lutte ouvrière de s’implanter dans une petite ville. Socle de cet investissement, il va au contact de la population, développe son réseau, donne à comprendre l’actualité et les idées de son parti…Comme un altruiste, comme un philosophe. Et, cela fonctionne. Ce long travail fait, l’activiste présente sa liste (il n’agit jamais pour lui seul, n’entretient aucune ambition, du moins si elle ne sert pas l’intérêt collectif) aux élections locales, en 2020. Le quorum de votes lui permet d’intégrer le conseil municipal de la ville. C’est le début d’une bataille dans l’enceinte de l’Hôtel de Ville.
Lors des conseils municipaux, Sylvain est seul (et non content de l’être). Seul à vouloir discuter de politique nationale, intimement lié, selon lui, aux préoccupations chaumontaises, seul à vouloir donner la parole aux administré.e.s lorsqu’elles et ils sont présent.e.s. Seul encore à vouloir parler des sujets qui intéressent, d’accès à la culture ou encore de bien-être au quotidien. Dans ce qui est une tradition pour Lutte ouvrière, Sylvain Demay entend bien se présenter aux prochaines échéances électorales, qui sont un « thermomètre ». Comme à chaque fois, « on sera les oreilles et les yeux des travailleu.r.se.s », confie-t-il. Affaire à suivre pour cette annonce officielle de candidature, l’an prochain…

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.
