Saint-Aignan, à l’épreuve des temps et des constructions

Première église du genre construite à Chaumont, loin des remparts, Saint-Aignan voit le jour au cours du XIIIe siècle. Lieu-refuge, l’édifice accueille les malades de la peste lorsque les portes de la ville se fermaient. Côté architecture, il a connu d’importants changements entre le XIVe et le XXe siècle, au même titre qu’une restauration en 2011. À ce jour, l’édifice est globalement fermé au public. 

À part, l’église-mère de Saint-Aignan, dont on pourrait prêter des ressemblances avec celle de Colombey-les-Deux-Eglises, l’est clairement. Loin des remparts de la ville, qui abriteront, plus tard, des couvents, une chapelle et une basilique. Antérieure, de fait, par son histoire, à tous les autres édifices religieux locaux.  

Le monument voit le jour au cours du premier millénaire de notre ère, non loin du plus ancien cimetière de la commune, dont les origines sont obscures. Et ce, alors que des clercs fuient la guerre de la Gaule, avec des reliques qui vont être rattachées au lieu.  Son emplacement, lui, est stratégique, situé près de la Marne, alors symbole de vie, et face la nécropole mérovingienne (actuelle Chaumont-le-bois), localisée au plus haut de la ville de Chaumont. 

Un lieu-refuge

De ce moment jusqu’en 1363, année à partir de laquelle la peste s’abat sur la ville, l’histoire aura sa page blanche, faute d’éléments permettant de retracer les épisodes de cette période. Alors que la lèpre et la guerre (de Cent ans, NDLR) sévissaient, Chaumont fermait les portes de son centre, à chaque fin de journée, afin de se protéger.  Les malades trouvaient refuge dans l’église Saint-Aignan, non loin de l’actuelle maladière (qui tire son nom de sa maladrerie, hôpital pour les lépreux, NDLR). Un tiers de la population mourra de la maladie

Au lendemain de la guerre et des pestes successives, durant la seconde moitié du XVe siècle, le pape Sixth 4 dépêche Jean de Montmirail à l’église de Saint-Aignan. Le but : créer une bulle pontificale, qui servirait d’expiation aux diableries… de Chaumont. C’est justement à cette période que le premier Grand Pardon est inauguré, en 1475. Pour autant, les décès liés à la peste, même si moins importants, ne s’arrêteront pas, au fil des siècles de l’Ancien-Régime. C’est notamment le cas du procureur Guillaume Aubry, qui en est décédé en 1636 (un épitaphe, au-dessus d’un bénitier, relate un hommage à cette personne, NDLR). 

Que devient le lieu aujourd’hui ? : Durant l’époque contemporaine, en 1827, un aumônier départemental assistait les malades rattachés à l’église. Durant la Première Guerre Mondiale, des paroissiens polius de l’édifice,  ont reçu un hommage post-mortem, via un écriteau où leurs noms sont inscrits. À ce jour, l’église de Saint-Aignan, qui a été en partie restaurée en 2011, est, à l’exception de processions funéraires et de visites patrimoniales, fermée au public. Elle est, par ailleurs, classée au titre des monuments historiques depuis 1992. 

Une architecture changeante

De son extérieur, comme de son intérieur, l’église de Saint-Aignan est constituée d’éléments construits entre le XIIIe et le XXe siècle. S’agissant, par exemple, du contrefort, du clocher, l’écusson sur la porte d’accès à la pièce principale ou encore du mur de la nef, les éléments ont été réalisés durant le XVe siècle. De plus, un autel dédié à Jean-Baptiste Bouchardon, postérieur à celui de la Basilique, a été conçu en 1735. 

Durant les XIXe et XXe, deux autres ont été construits. L’un est dédié à Sainte-Sophie, mère de la sagesse, la foi, la charité et l’espérance (dont on doute, par ailleurs, de l’existence), et Marie-Madeleine, symbolisée par sa chevelure proéminente. L’autre est plus central et sert à l’exercice des cultes. 

Après la visite, l’apéro : Suivant la (re)découverte de l’église de Saint-Aignan, événement initié par l’office de tourisme de Chaumont, un temps de dégustation a réuni les la dizaine de personnes présentes autour de produits du terroir. Des chocolats de la Maison Henry, un verre de Perle de rosé du Muid Montsaugeonnais, du pain d’épice fabriqué par le rucher de Thivet et de la Terrine de bœuf, provenant d’Esprit Paysan. 

L’info en + : Une autre visite, proposée, cette fois-ci, par le service patrimoine de la Ville de Chaumont, aura lieu le 23 avril prochain.

Al’ Warnet

Al’ Warnet

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.

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