Spectacle : “Sombre”, incomprise performance… de danse

Dernier spectacle du Nouveau Relax, jeudi 21 mai, “Sombre” s’est décidément oublié. Son message, bien que clair, a joué le décalage avec la beauté du geste… de danse. Deuxième d’un diptyque, après “What is”, il a perdu le fil de son histoire. Et, son début, belle “solitudine”, n’a pu aider… 

La performance commençait pourtant sur une bonne note. Une certaine Italie chantant sa “Solitudine”, les oiseaux émettant leurs sons. Le maître-danseur descendait comme un Sean Connerie du “Nom de la rose”, tout capé de noir jusqu’au bout des jambes. Le message, lui, bien que compris, n’a pas pris, est resté sombre. Comme le titre du spectacle, mis en scène par la compagnie Kilohertz. Couvert, autant que découvert, le personnage artiste met la danse à l’épreuve de l’histoire, anthropologique surtout, du monde, l’interroge à ce même titre. Par des gestes, surtout, mais aussi des mots, qui sonnent comme des échos. Au passé, au présent et… au futur ? 

Pris seul, “Sombre” peine à se faire comprendre et entendre. Pour preuve, la fin d’une humanité, tel un déluge de Noé, est rendue  inaudible quand elle est mise en danse par Vidal Bini. Le dérèglement climatique et la guerre, sujets justement établis, perdant leur sens premier, comme noyés dans le flot des gestes. Avant la fin de l’heure, le voyage, vers les rituels anciens et les utopies futures, est un naufrage. On se demande, dès lors, si la sélection, le public en l’occurrence, a survécu. Comme des survivants d’un certain Titanic. Ont-ils ouvert leurs yeux vers un renouveau ? Peu probable… 

Diptyque, mais pas de repères

Dans la continuité de “What is”, premier de la lignée du diptyque, “Sombre” peine à rebondir sur la création de la suite. L’ancienne composition futuriste, improvisée avec le concours du public, devient une obscure apocalypse sans points d’appui. La poésie du mot, motrice du spectacle, plonge dans les tréfonds de l’oubli.

Al’ Warnet

Al’ Warnet

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.

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