Municipales 2026 : on (pol’)portraite et on interviewe… Paul Fournié

Pour ces municipales, on combine mini-portrait politique et interview pour présenter chaque personne candidate. Premier fait de la liste, Paul Fournié, porteur du projet “Chaumont, partageons demain !”. Tout est dit, place à la présentation. 

Carré et structuré, Paul Fournié l’est assurément. En politique (comme premier-adjoint au maire, chargé de la culture, des sports et de la vie associative, à Chaumont, ou encore élu au conseil départemental de Haute-Marne, chargé des travaux). Dans sa vie professionnelle (comme officier dans la réserve opérationnelle à l’Armée de Terre et professeur d’Histoire-Géographie à Chaumont, qui l’ont ‘(re)forgé’) et dans ses passe-temps, la lecture et le sport notamment. Comme son corps, par ailleurs, qu’il muscle à sa juste mesure.

Posé et pesé, ça, non plus, on ne peut lui retirer, donnant du sens à chaque chose, en dévoilant certaines, en en taisant d’autres. En toute politesse, mais en toute fermeté aussi. On ne parlera donc pas de sa vie privée, seulement de lui et des habitants de Chaumont, à qui il apporte, à son échelle, son aide. Et, exit aussi l’émotion, même s’il peut, au titre de sa fonction (comme premier adjoint, encore), lui arriver d’avoir quelques larmes en repensant à certains projets sur lesquels il s’est investi, parmi lesquels celui du Signe – Centre national du graphisme (CNdG), et les soirées électro à la chapelle des Jésuites….

En vous regardant, on voit un homme qui porte, prend en charge, dirige… 

Je suis un “obsédé” du contrôle. J’aime que les choses soient bien faites. Donc, oui. Après, j’ai appris à déléguer, ce que je ne savais pas faire avant, à avoir confiance en l’autre et à choisir les personnes (qui l’accompagnent dans son projet). Et, c’est l’expérience à l’armée de terre qui me l’a permis, comme celle de professeur aussi. 

Aucune vulnérabilité (j’ose le terme) derrière ce ‘buste solide’ ?

J’ai appris à me blinder, je n’aime pas montrer la moindre faiblesse et je peux donc donner l’image d’une personne solide (justement) et rigide.Mais, je suis aussi optimiste, je relativise, je rebondis (sur chaque situation, NDLR).

Et, ça aide ? 

Les autres, oui, ça rassure. Je préfère que la bibliothèque (Les Silos, NDLR), ouverte avant toute chose, plutôt que mon petit escalier de pierre soit réparé..

Il faut que les ‘gens’ puissent se reposer sur nous comme un roc, sans que nous ne montrions une quelconque sensiblerie, de l’excitation et de la tristesse, qui ont moins d’effets. 

En toute circonstance ? 

Un philosophe français, d’origine russe, Alexandre Kojève, a dit, dans un de ses livres : “La vie est une comédie qu’il s’agit de jouer sérieusement”. Tout cela pour dire que tout ce qui nous arrive parfois peut être tourné en ‘dérision’, même quand c’est très grave. C’est ce qui nous permet de survivre.  En prenant un problème à bras le corps, concernant une place de stationnement. Après ça, plus de panique. La vie continue. 

Avant la politique, il y a eu l’armée de Terre, puis le professorat (métier que vous exercez toujours, aujourd’hui). Ces deux expériences sont-elles fondatrices ? 

D’une certaine manière, oui. Mon métier de prof m’a fait réfléchir aux principes de l’égalité des chances et d’ascenseur social, qui sont clairement en panne, et de l’intérêt de l’éducation pour contrebalancer certaines situations personnelles et familiales dramatiques. C’est très dur, mais on tente de lutter contre les destins auxquels les élèves se croient assignés dès la naissance, en leur faisant comprendre qu’en travaillant, ils peuvent devenir artisan, technicien, médecin, avocat, artiste… faire ce qu’ils souhaitent faire. 

D’un autre côté, l’armée, où on y apprend, notamment, la cohésion, est le dernier vrai endroit où l’ascenseur social existe réellement, car un soldat du rang motivé peut monter en grade, acquérir des formations et progresser, finir par commander…s’il assume les responsabilités qui vont avec ! 

Et, à l’Armée de Terre, comment cela s’est-il traduit, pour vous ? 

J’ai pu être épaulé par des soldats, des sous-officiers, qui n’avaient pas les mêmes grades ou diplômes que moi.  Et pourtant, quelle leçon d’humilité ! Sans eux je n’aurais pas pu faire tout ce parcours. Ils m’ont tout appris ! 

Venons-en donc, précisément, à la politique ! Comme premier-adjoint, vous êtes au plus près, si je puis dire, de la maire Christine Guillemy. Qu’est-ce donc qu’un maire pour vous ? 

Un maire n’est pas un technicien, connaît les hommes et les femmes, sait qui choisir pour remplir telle mission, comprend les attentes et besoins et peut les traduire dans l’action. A l’inverse, il n’est pas un super-directeur des services ou un administratif (même s’il doit en comprendre les ficelles, savoir comment ça marche), C’est un chef d’orchestre, d’une certaine manière. Et, pour ça, il faut de l’expérience. 

En devenant maire, demain (après les élections municipales, NDLR), auriez-vous encore le temps pour vous, vos activités et votre métier de prof ? 

Ça risque d’être compliqué (pour mon métier de prof). Du reste, j’assume d’abandonner des hobbies (il l’a déjà fait avec l’escrime, sinon la présidence de l’Amicale De Gaulle, NDLR), si c’est nécessaire. Comme je fais du sport tôt le matin et tard le soir et que je lis très très vite (ça n’empiète pas sur mon temps d’élu), ça ne devrait pas poser de problème. Et puis, les gens ont besoin d’élus qui sont humains (et non des machines) et font des choses à côté. 

Enfin, la priorité, ce sont les chaumontais. Pour être un bon élu, il est indispensable de continuer à être sensible à ce que disent les gens, à se renseigner sur le monde qui nous entoure. Une des forces de notre projet (qui deviendra une liste et un programme, NDLR) est que les gens nous connaissent, ont conscience de nos qualités et défauts, qu’on tient la route et qu’on sait de quoi on parle. Et ça, c’est important. 

Paul Fournié, toujours au conseil départemental : Si élu à la mairie de Chaumont, Paul Fournié compte bien conserver son mandat au sein du conseil départemental de Haute-Marne. “Je me suis battu, seul au départ (avec le soutien du président de département et les équipes qui m’ont aidé), pour l’embauche de médecins salariés à Chaumont et en Haute-Marne. Dix ans après, c’est chose faite. Je veux donc continuer à suivre ce dossier de près (celui de la santé), comme le chantier (en cours) de centre hospitalier haut-marnais, à Chaumont.”, précise-t-il à sujet.

Al’ Warnet

Al’ Warnet

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.

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