Le palais des comtes de Champagne, une Cour à trois histoires

Dès son édification, durant le XIIe siècle, le palais des comtes de Champagne, à Chaumont, a été une demeure pour les nobles et le roi de France. Durant l’époque moderne, il devient une prison non-mixte. Après la révolution française, le lieu connaît d’importants changements, devenant au fil des décennies, intégrant, au passage, une Cour de justice. Aujourd’hui, le lieu est réparti entre trois espaces, le musée d’art et d’histoire, le palais de justice et le donjon. 

Avant la justice (et l’art), sa nature était, surtout, royale. Sa superficie, elle, était égale à celle de l’ancien domaine royal de Troyes. Dernier édifice d’Ancien Régime, situé en Haute-Marne et préservé en l’état, le palais des comtes de Champagne de Chaumont est érigé durant le XIe siècle. Alors étendu sur le périmètre de deux sites locaux bien actuels, le musée d’art et d’histoire et le donjon, il constitue une demeure noble. Un siècle plus tard, son influence sur le reste de la Lorraine l’amène à se prolonger dans la vie. 

À ce moment des fortifications sont alors construites, au même moment que la construction de la basilique Saint-Jean Baptiste. Dès lors, le château devient une résidence secondaire pour des rois de passage, comme Dagobert, à partir de 1284. En particulier dans la zone haute (où est, à ce jour, situé le palais de justice, NDLR), notamment constituée de la chambre des demoiselles, la salle royale, ou bien la chapelle royale, qui s’étend alors en plein coeur de la terrasse.

Un lieu-prison

Durant la seconde moitié du XVIIe siècle, la partie basse du palais (où se trouve aujourd’hui le musée d’art et d’histoire, NDLR) connaît une phase de restauration. Des voûtes, des arcades et des charpentes, notamment. L’édifice est alors converti en zones d’incarcération, une pour les hommes et une autre pour les femmes. Il perdurera jusqu’à la fin du XIXe siècle, période où le site deviendra très vétuste 

Le fait historique :  Durant la Révolution Française, les prisons de Chaumont sont assiégées par le Tiers-Etat de Chaumont.

Pour chaque zone, on y trouve des secteurs de détention spécifiques, parmi lesquels des cours non-mixtes. De plus, on y trouve aussi la chambre des visiteurs (ancêtres des parloirs), des cachots ou encore une chapelle afin de se confesser. Le dernier endroit, les pistoles, était réservé aux détenus plus aisés, présentes dans la partie basse pour les femmes et dans la partie haute pour les hommes (anciennement dédiée aux tortures).

Un espace judiciaire (exclusif)

Au cours de la première moitié du XIXe siècle, un tribunal s’ajoute dans l’édifice de la rue des Palais, complétant ainsi les prisons. Six ans après la construction de la maison d’arrêt de Chaumont, vers 1886, les prisonniers sont délocalisés dans ce nouveau lieu de détention. Des travaux, au niveau de la partie basse, amènent à abattre la chapelle carcérale. La zone restera inoccupée pendant des décennies jusqu’à l’installation de l’actuel musée d’art et d’histoire, durant la seconde moitié du XXe siècle.

Al’ Warnet

Al’ Warnet

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.

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