
En presque 180 pages, Aymeric de Gouville esquisse un savant récit psychiatrique à deux têtes principales, celles d’Estelle et d’Emmanuel. Moyennant un rapport entre une spécialiste et son patient, on y trouve toutes les sauces, ou plutôt tous les formats, du journal intime et du réalisme. C’est une juste messe qui tient sa ligne. Un livre paru en octobre 2026 aux éditions Douro, maison d’édition basée à Chaumont.
Si “Les carnets du sous-sol” de Fédor Dostoïevski et “Intérieur nuit” de Nicolas Demorand accouchaient d’un bébé, ce serait peut-être bien “Ombres” d’Aymeric de Gouville. Et, comme tout nouveau-né, il faut, pour ce récit psychiatrique, six chapitres avant d’avoir le diagnostic, d’être compris. Au démarrage de l’histoire, l’œuvre met en lumière la relation entre un patient à la recherche de son ombre, Emmanuel, et une femme médecin en quête d’un amour véritable, Estelle, dans un asile psychiatrique. Sans le savoir vraiment, les deux personnages vont se donner la réponse qu’ils cherchent. Mais, pour quelle finalité, pour quelle trouvaille… de réponse ?
En 175 pages, environ, Aymeric de Gouville, en médecin psychiatre et art-thérapeute (ses deux activités, NDLR), réussit à documenter sa spécialisation, moyennant une juste fiction. En proposant une description chirurgicale d’Emmanuel, bien sûr, mais aussi de Dominique, vétéran de l’armée de terre, et de Daria, quitté par son conjoint alors qu’elle était enceinte. Sous les yeux du personnage principal (l’un d’eux, en fait), on apprend tout de ces deux personnes internées. Le traumatisme laissé par les guerres, comme l’enchaînement des boulots difficiles et précaires pour s’occuper de son enfant. Et puis, enfin, il y a Estelle, qui suit Emmanuel, dont le métier fait l’essentiel de sa vie. À la fin des fins, on en vient à se dire : Un professionnel de santé peut aussi être l’ombre de sa patientèle, celle d’une maladie… mentale.
Presque de façon consciente, Aymeric de Gouville mêle, en une seule histoire, toutes les possibilités littéraires. On y trouve dès lors, justement posés, des écrits à Étoile, le journal intime d’Estelle, sensiblement épistolaire, mais aussi des portraits fictions. L’unique motif, bien simple, étant de renseigner toute information concernant les quatre personnages, au même titre qu’un presque absent, Maxence, l’amoureux de passage d’Estelle. C’est peu dire donc que la psychiatrie fait bon usage des recommandations et traitements autant que des procédés littéraires pour “Ombres”.
Note de l’éditeur : Si vous souhaitez vous procurer l’ouvrage, vous pouvez le retrouver chez votre libraire habituel ou le commander directement sur Amazon, partenaire commercial de Chaumont City.

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.