Nouveau Relax : “Nos déconfitures”, échecs en bonnes histoires

Au Nouveau Relax, “Nos déconfitures” réussit à embellir les échecs. Autour de Dimitri Hatton, tête d’affiche de la saison, une dizaine de voix racontent leurs histoires. Elles touchent, autant qu’elles suscitent le rire. C’est une compilation gagnante, comme un certain et dernier témoignage, d’un agriculteur nommé Jean-Paul. 

Le plus simple est parfois le meilleur, dit-on. Pour “Nos déconfitures”, spectacle “tête d’affiche” du Nouveau Relax, ses éléments de décors, mêlés d’humain(s), et ses incarnations, résultant d’un casting ‘sauvage’, répondent à l’adage. L’échec, moteur du récit, est simple gagnant tout autant que gagnant de sa simplicité. À la genèse de son histoire, Dimitri (Hatton) et son acolyte, inconnu, parcourent les sentiers de Meuse-Rognon, pour atteindre Bourmont. Ils n’ont comme boussole qu’une carte et des arbres, qui ne leur répondent pas. Et puis, à force de randonnée, l’arrivée a lieu. C’est le début des déconfitures. 

Résultant d’une préparation de plus de vingt jours, “Nos déconfitures” esquisse une série d’histoires ‘tragiques’. Il y a Lida, dont les parents ont fui la dictature de Salazar au Portugal, avant sa naissance. Il y a Sylvie qui, après avoir pu, de nouveau, marcher, a remis sa robe et ses talons, portés avant son accident. Il y a, de plus, cette femme américaine, originaire de Louisiane, dont un de ses camarades a fait l’erreur de mettre dans le sceau, où se trouvait un alligator, et a eu le nez rouge. Il y a, enfin, Marie-Noëlle, la mystérieuse passagère, qui a peiné à obtenir le paiement d’une note, pour un buffet de mariage, par un couple. 

Conditionnalités, incapacités… et réussite finale

Dans ce foisonnant enchaînement d’échecs  “Nos déconfitures” concentrent un ensemble d’inaptitudes. “Je ne sais pas faire le grand écart, siffler avec doigts, danser le Madison…”. Suivant le même fil, les actes manqués ont aussi voix (et voie) au chapitre. Pour intégrer le casting d’une comédie musicale, faire partie d’un couvent, devenir DJ, reparler à son grand-père ou bien être une bonne mère. Qui, par là, viennent se mélanger aux échecs initiaux. Et puis, à contre-courant, il y a Jean-Paul, l’intrus de la pièce, qui a réalisé un objectif. « Quand je suis passé à l’agriculture biologique, j’ai gagné en sérénité », dit-il. Tombée du rideau… sans autre déconfiture ! L’heure et demie de spectacle (amateur) est terminée..; et réussie.

Crédit photo : Romain Evrard

Al’ Warnet

Al’ Warnet

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.

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