Nosiles : de la chambre d’ado à la scène, l’envol pop-rock d’une Chaumontaise

Lison Delage, alias Nosiles, est une enfant de Chaumont. Biberonnée à la musique, propulsée par la MJC et désormais étudiante en gestion culturelle, la jeune femme de 19 ans trace sa route avec lucidité. Entre études à Dijon et concerts en Haute-Marne, portrait d’une artiste qui a transformé l’ennui du confinement en aventure collective.

Pour beaucoup, le confinement de 2020 fut une parenthèse immobile. Pour Lison, alors élève de 3ème, ce fut le déclic. Pianiste classique depuis ses 7 ans, l’adolescente tourne en rond et décide de se lancer un défi : publier une reprise par jour sur les réseaux sociaux. « Je ne savais faire que du piano, mais je ne pouvais pas le transporter pour jouer avec les copains », raconte-t-elle. Frustrée de ne pas pouvoir s’accompagner au chant comme elle le souhaite, elle apprend la guitare en autodidacte grâce à des tutoriels YouTube. « Mon frère Quentin s’y était mis, mon père aussi. Je me suis chauffée », sourit-elle.

Le tremplin de la MJC

C’est grâce à ces vidéos postées en ligne que la MJC de Chaumont la repère. Son frère, Quentin, y est déjà un habitué. L’association lui propose de tourner une vidéo, puis très vite, de se produire devant de vrais publics : centres sociaux, EHPAD… Lison fait ses armes en tant que bénévole. Mais l’adolescente a d’autres ambitions que les reprises. « J’en avais marre des karaokés », confie-t-elle. À 16 ans, en pleine année de Terminale, elle enregistre son premier album composé de ses propres chansons. Un tour de force réalisé le soir après les cours, dans le studio de Sébastien, actuel président de la MJC. « J’étais crevée, mais je suis trop fière de l’avoir fait », se souvient-elle. Pour financer cet enregistrement professionnel, la jeune Chaumontaise obtient une aide de 1 500 € de la Région Grand Est via le dispositif Expérience de Jeunesse.

Nosiles, une histoire de famille et d’amitié

Si Lison compose et écrit les structures, sur scène, Nosiles devient une aventure collective. Le nom de scène, anagramme de son prénom (Lison inversé) accolé à « îles », évoque « nos îles, nos pensées, nos aventures ». Pour l’accompagner, elle peut compter sur une équipe solide : son frère Quentin à la guitare, et un binôme rythmique inséparable depuis 15 ans, Baptiste et Sébastien. Eux viennent du rock, elle apporte la pop. « C’est eux qui m’accompagnent. Je compose, ils arrangent. Tout le monde est OK avec ça », précise l’artiste. Cette formule fonctionne : le groupe a enchaîné une quinzaine de dates l’été dernier, dont un passage remarqué lors des concerts de la Place des Arts.

La tête sur les épaules

Aujourd’hui étudiante en Licence Pro « Gestion de projets culturels » à Dijon, Lison garde la tête froide. Si elle rêve de devenir intermittente du spectacle grâce à sa musique, elle assure ses arrières en se formant aux métiers de la production. « Je n’ai pas de rêves de pop-star à 10 millions de cachet. Si je peux juste vivre de ma musique, ce sera très bien », assure celle qui est aussi devenue élue au Conseil d’Administration de la MJC. Malgré un contexte budgétaire tendu pour la culture en 2026, Nosiles continue de démarcher. Prochaine étape : un concert à Dijon le 31 janvier, avant, elle l’espère, de retrouver les scènes haut-marnaises.

Crédits photos : Alison Bernet

Julien Chaumont

Julien Chaumont

Fondateur et éditeur de Chaumont City, j’ai créé ce média pour mettre mes compétences numériques au service des acteurs locaux. En tant que consultant digital, je vous accompagne pour développer votre propre activité en ligne. Retrouvez mes solutions et services dans la rubrique Evocion.