Municipales à Chaumont : quand le tour de taille s’invite (lourdement) dans le débat

Sur les réseaux sociaux, la campagne municipale ne se joue pas que sur des programmes. Une ligne de fracture apparaît dans les commentaires : d’un côté, ceux qui revendiquent le droit de « dire ce qu’ils pensent » sur le physique des candidats, de l’autre, ceux qui alertent sur une « grossophobie » décomplexée.

C’est une petite phrase, presque banale, glissée sous la photo d’un candidat en campagne : « Mange bien à la cantine ». Pour l’auteur du commentaire, c’est de l’humour, une observation. Pour d’autres, c’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Depuis quelques jours, les publications concernant les candidats aux municipales — et notamment Pierrick White — deviennent le théâtre d’une joute verbale qui délaisse les idées pour s’attaquer aux hommes.

« L’humour » face à la colère

Dans les échanges relevés ces derniers jours, deux camps s’affrontent avec virulence. Il y a d’abord ceux pour qui le physique est une information comme une autre. « En quoi c’est une insulte ? C’est un constat », défend Jacky, un internaute régulier, qui revendique le droit de ne pas « renier la vérité » et s’insurge contre ce qu’il perçoit comme un « diktat ». Pour cette partie des commentateurs, la politique est un terrain où l’on doit pouvoir tout dire, et la remarque sur le « coup de fourchette » relève de la liberté d’expression.

En face, la riposte est immédiate. « Votre commentaire est à vomir », « C’est petit », « Le respect est mort ». Des internautes comme Anne-Charlotte ou Diane rappellent que la loi, elle, ne rit pas forcément. Elles brandissent le terme de « grossophobie » et rappellent que la discrimination sur l’apparence physique n’est pas une opinion, mais un délit.

Un débat qui monte jusqu’à l’Assemblée

Ce qui se joue dans les commentaires chaumontais n’est pas anecdotique. C’est le reflet exact d’un débat national. « Ça tombe bien, la loi sur la grossophobie devrait bientôt passer… tic-tac », prévient d’ailleurs une commentatrice.

Elle fait référence à une réalité législative très actuelle : une pétition (n° i-3867) est sur le bureau de l’Assemblée nationale pour inscrire spécifiquement la grossophobie dans le droit français. L’objectif est clair : que l’humour ne serve plus de paravent aux attaques humiliantes.

Le poids des mots ou le choc des idées ?

La lecture de ces commentaires pose une question de fond sur la qualité du débat local. Pendant que l’on s’écharpe sur le poids d’un candidat, on ne parle pas de ses propositions sur la santé, pourtant évoquées par d’autres lecteurs. On ne débat pas de son parcours ou de son programme.

L’attaque physique est une solution de facilité : elle est rapide et ne demande aucune analyse. Mais elle risque d’appauvrir le débat démocratique. Aux Chaumontais, désormais, de choisir s’ils veulent une campagne qui se joue sur la balance ou dans les urnes.

Julien Chaumont

Julien Chaumont

Fondateur et éditeur de Chaumont City, j’ai créé ce média pour mettre mes compétences numériques au service des acteurs locaux. En tant que consultant digital, je vous accompagne pour développer votre propre activité en ligne. Retrouvez mes solutions et services dans la rubrique Evocion.