Deux ans après la mort de Mathéo, le douloureux combat d’une mère face au silence institutionnel

Le 10 août 2024, le jeune Mathéo perdait la vie dans un accident de la route. Au-delà du drame absolu, sa maman Fanny, connue à Chaumont sous le nom MFK Créa, témoigne aujourd’hui d’un parcours parsemé d’incompréhensions, de froideur administrative et d’un profond sentiment d’abandon.

C’est une date tragiquement gravée. Le 10 août 2024, à 8h40, Mathéo, 17 ans, quitte le domicile familial de Soncourt-sur-Marne pour se rendre à son travail. Sur la route départementale 674, à hauteur de Mareilles, le cyclomoteur du jeune homme est percuté par une voiture. Malgré l’intervention des secours qui ont tenté de le réanimer pendant quarante-cinq minutes, Mathéo succombe sur les lieux de l’accident.

L’enquête de la gendarmerie, menée à la suite du drame, conclut que le jeune homme se serait engagé sur la chaussée sans respecter un cédez-le-passage et que le conducteur du véhicule, circulant à une vitesse estimée entre 80 et 100 km/h, n’a pas pu l’éviter. Les analyses toxicologiques des deux conducteurs se sont révélées négatives. Fin 2025, l’affaire est finalement classée sans suite par le parquet.

Le choc de la procédure et la froideur administrative

Si la justice a rendu ses conclusions, pour Fanny, la mère de Mathéo, le deuil se double d’un profond ressentiment envers les institutions. Dans un témoignage poignant, la commerçante chaumontaise dénonce le manque de compassion et l’absence totale d’accompagnement psychologique immédiat à l’annonce du décès. « On lui répond que je dois me rendre moi-même aux urgences », se souvient-elle au moment de l’annonce du drame, alors qu’elle s’effondre au sol.

La suite des démarches administratives n’a fait qu’accentuer cette douleur. Elle évoque des remarques perçues comme glaciales de la part des enquêteurs. Lorsqu’elle explique ne pas avoir été en état de se rendre à une convocation deux jours après la mort de son fils, il lui est répondu : « Il y a des chaises à la gendarmerie ».

La gestion des éléments matériels du dossier laisse également la famille démunie. La mère de famille s’interroge sur l’absence de mise sous scellés des véhicules et sur le manque de traces de freinage exploitables. Elle déplore également que le conducteur du véhicule n’ait été auditionné que plusieurs mois après le drame. Plus tard, en contactant le garage où la moto de son fils devait être conservée pour la procédure, elle découvre que celle-ci a été réparée et vendue. À sa demande d’explications, la réponse du garagiste résonne avec une absurdité cruelle : « Vous n’avez qu’à demander à votre fils, c’est lui qui a autorisé la vente ».

Le sentiment d’être livrée à soi-même

Aujourd’hui, Fanny exprime le sentiment tenace que « c’est la parole d’un mort contre celle d’un vivant ». Si elle concède que son fils a pu avoir une part de responsabilité, elle peine à accepter que l’autre conducteur n’ait fait l’objet d’aucune poursuite ni conséquence, alors même qu’il circulait sur une route parfaitement dégagée et qu’il n’a pas lui-même alerté les secours après le choc.

Son combat met surtout en lumière l’isolement des familles endeuillées par des accidents de la route. Sans soutien psychologique institutionnel, elle a dû financer seule ses thérapies et celles de ses proches. « En France, lorsqu’on vous annonce le décès brutal d’un proche, vous êtes souvent livré à vous-même », déplore-t-elle. Près de deux ans après la disparition de Mathéo, il reste à cette famille bien plus de questions que de réponses, et l’amer sentiment que leur fils méritait davantage de considération.

Un appel à témoins relancé : Dans sa quête de réponses, la maman de Mathéo cherche toujours à retrouver les personnes arrivées les premières sur les lieux, et tout particulièrement les automobilistes qui ont pris le soin de prévenir les secours ce matin-là. Toute personne ayant des informations ou ayant assisté à la scène est invitée à se faire connaître.

Chaumont

Julien Chaumont

Fondateur et éditeur de Chaumont City, je conçois ce média indépendant comme un espace de découverte et de lien social. En tant que consultant digital et activateur France Num, j'accompagne également les associations et entreprises dans la création de leurs outils web et le développement de leur visibilité en ligne. En savoir plus

HORMANCEY

Bonjour, en lisant cet article, j ai simplement le sentiment que c est la parole du chauffeur qui a percuté MAthéo, contre la parole de????. Ce monsieur roulait entre 80 et 100. A combien est limitée la vitesse à l e droit du drame. Peut être qu en roulant un peu moins vite, il aurait pu éviter le jeune homme. Si cela était arrivé à mon fils, je me battrais aussi pour connaître la vérité et avoir l absolue certitude qu il y a bien eu un non respect des règles du code de la route. Cette affaire sensible, est classée un peu rapidement. Courage à vous madame dans votre combat.