« Laisse faire la pluie » : Les coulisses du tournage vues par Sarah, co-réalisatrice

Après avoir exploré l’œil photographique d’Alison, il est temps de se plonger dans le cœur du projet « Laisse faire la pluie » avec Sarah Duvallet, la co-réalisatrice. Elle nous livre ses impressions sur un tournage marqué par l’imprévu, la cohésion d’équipe et la fierté d’un défi relevé, tout en nous éclairant sur les étapes cruciales qui mèneront le court-métrage vers les écrans.

Une aventure humaine et des défis sous la pluie

Pour Sarah, le tournage de « Laisse faire la pluie » fut une expérience « trop cool » et extrêmement gratifiante. Bien que l’équipe technique, les acteurs et l’actrice ne se connaissaient pas tous au départ, une cohésion étonnante s’est rapidement installée. « On aurait pu se poser la question de savoir comment l’équipe allait s’entendre, surtout qu’on a passé beaucoup de temps ensemble, » confie-t-elle. Mais le résultat fut au-delà des attentes : « Le tournage s’est vraiment super bien passé, les gens étaient super et on a trop bien rigolé. »

Parmi les défis inattendus, la météo a joué un rôle prépondérant. Dès les premiers jours, la pluie a été omniprésente. Si les scènes d’intérieur en ont tiré parti, notamment pour la lumière, la journée du jeudi, consacrée à l’extérieur, a nécessité une adaptation rapide. L’équipe a pris la décision risquée de décaler les heures de tournage, pariant sur une amélioration de la météo l’après-midi. Un pari réussi, qui a permis de réaliser tous les plans prévus malgré un planning déjà très serré. « Les défis inattendus, c’est clairement la pluie, la météo qui a été un peu catastrophique au début, » se souvient Sarah.

Les moments intenses ont également jalonné le tournage. Sarah évoque sa « peur » concernant la scène de bagarre entre les deux protagonistes, qui tombent du vélo dans un fossé. Une interrogation partagée sur le rendu final, mais qui s’est finalement avérée sans fondement. « On a fait un pré-montage pour voir comment ça rendait… ça rend trop bien ! » se réjouit-elle. Le stress des journées intenses, notamment celle du vendredi passée en grande partie sur la route pour filmer le vélo en mouvement, a laissé place à une gestion plus sereine des scènes suivantes, étalées sur deux jours, le samedi et le dimanche, permettant aux acteurs de se « casser vraiment la gueule » pour un réalisme saisissant. La journée du lundi à la serre de Blessonville a elle aussi été gérée avec brio, malgré les contraintes de temps, grâce à une motivation constante insufflée par l’équipe de réalisation.

Baptiste Brutier et Sarah Duvallet

Soulagement, fierté et une dose de fatigue

Maintenant que le film est « en boîte », Sarah ressent un immense soulagement. « On est ultra rassurée, » exprime-t-elle, évoquant les multiples imprévus qui auraient pu stopper le projet : un acteur ou un membre de l’équipe malade, un abandon, un lieu qui se dérobe. « On peut souffler, le film est en boîte, c’est trop cool ! » Au-delà du soulagement, c’est une immense fierté qui anime Sarah et Baptiste. « On est trop fiers de nous avec Baptiste… d’avoir réussi à faire ça. » Un accomplissement d’autant plus grand qu’il a été réalisé avec une équipe majoritairement bénévole. « Je me sens rassurée et très fatiguée, mais soulagée. Je suis très fière de nous, » résume-t-elle avec honnêteté.

L’art de l’adaptation : quand le script évolue sur le plateau

Comme souvent dans le monde du cinéma, le script initial a connu quelques ajustements en cours de route. La réalité du tournage, les contraintes techniques et le timing ont conduit à revoir le « découpage technique » – la manière de filmer les plans. Un problème technique avec un stabilisateur a obligé l’équipe à filmer certaines scènes à l’épaule, prenant ainsi plus de temps et nécessitant de réduire le nombre de plans prévus.

Par ailleurs, deux séquences moins cruciales pour l’évolution de l’histoire ont été coupées. Une scène à vélo et une autre dont Sarah ne précise pas le contenu ont été abandonnées, faute de temps. « Au début c’était un peu frustrant de dire qu’on coupe des trucs initialement prévus dans le scénario, » admet-elle. Cependant, « on a su rebondir ultra bien avec toute l’équipe… Je trouve qu’on s’en est très bien tiré. » Cette capacité d’adaptation a été une clé majeure de la réussite du projet.

Les prochaines étapes : De la post-production aux festivals

Le chemin de « Laisse faire la pluie » ne s’arrête pas au dernier clap. De nombreuses étapes attendent le film avant qu’il ne puisse être présenté au public et dans les festivals.

La post-production débutera par le montage image et son. Une fois la version finale validée, l’équipe passera au mixage son, une étape cruciale pour l’ambiance sonore du film. Il s’agira d’éliminer les bruits parasites (trains, voitures) et d’harmoniser les différentes pistes. Une phase importante sera la post-synchronisation (post-synchro) pour certaines scènes, notamment celles tournées à la mer (où le vent couvrait les dialogues) et à vélo (où le bruit de la voiture de tournage était dominant). Les acteurs seront rappelés en studio pour réenregistrer leurs lignes de dialogue, en parfaite synchronisation avec les images.

En parallèle, le compositeur travaillera sur la composition originale de la musique du film, dont une note d’intention a déjà parfaitement su capter l’ambiance désirée par les réalisateurs. Une fois ces éléments assemblés, viendront l’étalonnage et le générique. L’étalonnage consiste à retravailler les couleurs du film pour harmoniser les différentes ambiances lumineuses (intérieurs sombres, extérieurs ensoleillés) et donner une colorimétrie générale cohérente, qui contribue à l’atmosphère du film. Enfin, un générique sera créé pour créditer tous ceux qui ont contribué à cette belle aventure.

Sarah estime qu’il reste encore plusieurs mois de travail. Si l’équipe espère une sortie vers février 2026, cette date reste indicative, car le projet repose sur le bénévolat de chacun. « On sait que les gens font en sorte que ça le fasse très rapidement, » conclut-elle, pleine d’optimisme.

Malgré la fatigue, l’enthousiasme de Sarah est contagieux. « Le film il s’est super bien passé… En fait, je pensais pas, enfin si, je rêvais d’avoir un peu une ambiance comme ça et on a eu cette ambiance là, genre tout le monde était trop cool. » Cette motivation collective, du premier jour stressant au dernier moment plus détendu, a été le moteur de « Laisse faire la pluie » qui s’annonce comme une belle réussite humaine et artistique.

Crédits photos : Alison Bernet

Julien Chaumont

Julien Chaumont

Fondateur et éditeur de Chaumont City, j’ai créé ce média pour mettre mes compétences numériques au service des acteurs locaux. En tant que consultant digital, je vous accompagne pour développer votre propre activité en ligne. Retrouvez mes solutions et services dans la rubrique Evocion.