13 septembre 1944 : La libération de Chaumont

Aujourd’hui, nous fêtons les 81 ans de la fin de l’occupation de Chaumont par l’Allemagne nazie. Cela s’est déroulé le 13 septembre 1944 grâce aux troupes de la 2e DB du général Leclerc, soutenues par les alliés américains et britanniques. Ces mêmes troupes avaient débarqué sur la plage d’Utah Beach le 6 juin 1944. Dans cet article, nous vous proposons de revivre les grandes dates de l’occupation de la ville par les nazis (de 1940 à 1944) jusqu’à sa libération par les FFL.

Chaumont sous le joug nazi

Après la « drôle de guerre » (du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940), s’est déroulée la Bataille de France (10 mai au 25 juin 1940). Cette défaite de l’armée française et de ses alliés (Belgique, Royaume-Uni, Pays-Bas, Pologne, Luxembourg, Tchécoslovaquie – gouvernement en exil) eut des conséquences catastrophiques pour la France : chute de la IIIe République, instauration du gouvernement de Vichy, annexion de l’Alsace et de la Lorraine, et occupation de la zone nord.

Chaumont se trouva dans cette zone nord, occupée par l’Allemagne nazie à partir du 15 juin 1940. Pendant ces quatre années d’occupation, l’armée du IIIe Reich fit vivre un véritable enfer aux Chaumontais, poussant certains à l’exil vers « la zone libre » dirigée par le maréchal Pétain depuis Vichy.

Alors que certains fuyaient en espérant une vie meilleure, d’autres choisirent de résister. C’est ainsi que se créèrent les premiers réseaux de FFI en Haute-Marne.

En septembre 1940, 70 personnes furent recensées comme israélites. Certains quittèrent la ville. André Bear, pharmacien à Chaumont, et sa famille furent appréhendés par les Feldgendarmes le 27 janvier 1944. Déportés au camp de Drancy le 10 février, ils furent ensuite transférés à Auschwitz où ils périrent.

Vingt hommes accusés d’être des opposants politiques furent arrêtés par les Allemands en janvier 1944. Lucien Frossard et Lucien Febvays se suicidèrent dans leur cellule. Les 18 autres furent jugés par le tribunal de la Feldkommandantur de Chaumont : deux furent condamnés, quatre déportés et les 11 restants exécutés le 18 mars 1944. Une étoile fut plus tard érigée à l’endroit de leur exécution. Depuis, une cérémonie commémorative se tient chaque 18 mars à la Stella en leur hommage.

Pour le seul motif d’être juifs, 96 hommes, femmes et enfants furent raflés le jeudi 27 janvier 1944. Le doyen avait 85 ans, la benjamine seulement 4 ans.

La fin de l’oppression et le retour de la liberté

La pression alliée s’intensifia autour de la ville au début de septembre 1944. Des unités américaines venues du nord poussèrent leur reconnaissance vers le sud (5 et 6 septembre à Bologne et Brethenay). Le 9 septembre, depuis les côtes d’Alun, les alliés aperçurent les tours de la basilique Saint-Jean-Baptiste.

Le 11 septembre 1944, l’état-major de la 2e division blindée convainquit l’abbé Gradeler, prêtre de Luzy, d’aller négocier le lendemain la reddition des troupes allemandes stationnées à Chaumont, avec ce message :

« Chaumont est encerclée de tous côtés par la division Leclerc et les FFI. Toute résistance de votre part est inutile… Reddition immédiate des armées, internement de la garnison, la vie sauve pour tous. »

Le 13 septembre, alors que le prêtre de Luzy partait pour Chaumont avec l’ultimatum des alliés, il découvrit qu’aucun officier n’était présent au QG allemand : la garnison avait quitté la ville dans la nuit pour rejoindre Arc-en-Barrois. Informé, le capitaine Schompré se dirigea vers la ville.

Vers 15 heures, deux jeeps de la 2e DB se présentèrent devant la préfecture. Pour célébrer la fin de ces quatre années d’enfer, les FFI de Chaumont furent rejoints par la 1re compagnie de FFI d’Arc-en-Barrois et un détachement de Saint-Dizier. De nombreux Chaumontais se rassemblèrent place de l’Hôtel de Ville pour fêter ce moment historique.

Au même moment, les habitants apprenaient la libération de Langres, intervenue la veille. Un premier hommage fut rendu aux fusillés, et le lendemain matin, les FFI de Chaumont participèrent à un défilé pour célébrer la liberté retrouvée.

Crédits photos anciennes : Archives départementales de la Haute-Marne 

Nolan Malagnoux

Nolan Malagnoux

Passionné de sport et de communication, Nolan Malagnoux s’investit avec énergie pour valoriser Chaumont et sa vie locale. Curieux et motivé, il participe à l’aventure Chaumont City en apportant ses idées et son sens journalistique.

  • nol9_malagnoux
Rannou Brigitte
Encore une fois ,c’est ,un très bel article . Aujourd’hui sur l’histoire de Chaumont.En ces temps mouvementés,il est bon de rappeler l’histoire.j’espère que ton article sera lu par un maximum de personnes .En tout cas merci pour cet article 👍👍👍
Monzein
Bel article sur cette époque dont les écoles devraient s’inspirer pour ne pas oublier
thierry
Très bel article. Juste une remarque sur un titre "Sous la joute nazie"...En fait on dit "sous le joug nazi" ;)
Julien Chaumont
Merci Thierry, je corrige ;)