
Depuis son atelier à Villiers-le-sec, le luthier Julien Bozzolini fabrique et répare des instruments à corde. Cette vocation, découverte lors d’un stage au collège, il l’a exercé auprès de grands créateurs français, après plusieurs années d’études. Avant de l’entreprendre en indépendant lors de son retour en Haute-Marne, son département de naissance, jusqu’à aujourd’hui.
Pénétrer dans l’atelier de Julien Bozzolini est presque comme entrer dans un moulin. C’est ouvert, c’est accueillant. Comme son hôte, d’une certaine manière. Artisan-luthier à son compte depuis 2009, il répare autant qu’il fabrique des instruments à corde. Des violons, des altos, des violoncelles, des contrebasses. D’abord à Chaumont, sa ville natale, puis à Villiers-le-sec, son lieu de résidence depuis 2020. Et, son accointance avec le milieu musical n’y est pas étrangère.
Julien Bozzolini découvre la lutherie à 15 ans, au cours d’un stage de découverte. Alors qu’il joue, à l’époque, de la basse électrique et de la guitare, par ailleurs. A peine l’expérience consommée, il décide d’en faire son métier. Dès lors, Julien Bozzolini entreprend des études en Angleterre, puis au Québec. De retour en France, il parfait son apprentissage auprès de grands créateurs, notamment à Metz. Rapidement, il ressent l’envie de prendre son envol et revient en haute-marne pour lancer sa propre activité… jusqu’à aujourd’hui.

Avant toute réparation, Julien Buzzolini opère un diagnostic sur l’état de l’instrument et son histoire. « On regarde comment est fabriqué l’instrument, d’où il provient, les bois qui sont utilisés, s’il y a des signatures à l’intérieur. Avec l’expérience, on peut aussi déterminer son âge », confie le luthier. Seconde étape de l’approche à l’instrument, il regarde l’état de l’instrument, s’il y a des cassures et des fractures, s’il a été déjà été réparé avant. Sur la contrebasse, instrument fabriqué en 1850 par un certain Charles Malakoff-Brugere et qu’il répare depuis six mois, « il a fallu l’ouvrir complètement, le désosser et refaire chaque partie », précise-t-il.

Outre les réparations d’instruments, Julien Bozzolini fabrique des instruments, pour sa collection personnelle ou bien sur demande. Pour des personnes venant, notamment, du département haut-marnais, sinon d’Alsace et de Lorraine. D’une étape après l’autre, le luthier va couper son propre bois, se fier aux cernes de ce dernier pour sculpter et sculpter “dans la masse” chaque instrument. « On regarde comment le bois sonne et on travaille les épaisseurs, pour que les sonorités soient égales », confie-t-il. Passé la fabrication, un entretien, personnel ou à la demande d’un particulier, est opéré de temps à autre par l’artisan. « L’instrument, c’est une bonne bouteille de vin. Plus il est joué, plus la sonorité change », dit-il, comme pour finir la partition de son travail, sur une bonne note.
Infos pratiques : Julien Bozzolini, 3 impasse du Presbytère, Villiers-le-Sec
Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à 18h30, et le samedi, de 9h à 12h


Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.