
Alors que le soleil de septembre brille encore sur la Haute-Marne et que les déguisements d’Halloween n’ont pas encore gagné les étals, les sapins synthétiques, pères Noël automates et guirlandes lumineuses font déjà leur apparition dans plusieurs enseignes de Chaumont. Une précocité qui suscite autant la surprise que le débat parmi les consommateurs.
C’est un contraste saisissant auquel les clients chaumontais ont pu être confrontés ces derniers jours : naviguer entre les serviettes de plage soldées, les fournitures de rentrée à peine rangées et des allées entières métamorphosées aux couleurs des fêtes de fin d’année.
Si l’installation des produits de Noël en plein mois de septembre peut prêter à sourire, elle suscite également l’incompréhension de nombreux habitants.
Sur les réseaux sociaux de Chaumont City, les réactions ne se sont pas faites attendre dès la publication des premières images du rayon. Entre ironie et lassitude, le décalage calendrier-saison choque.
« Déjà !! Mais c’est n’importe quoi 😂🙃 », s’exclame une abonnée sur Instagram. Sur TikTok, une autre lectrice déplore cette accélération commerciale : « On n’a même pas le temps d’acheter les décos d’Halloween… Bientôt ils vont les mettre en même temps que les affaires scolaires 🙄🙄 ».
Un sentiment largement confirmé par la communauté WhatsApp de Chaumont City. Interrogés sur la période idéale d’arrivée des articles de Noël en magasin, une nette majorité des répondants (73 %) estime que ces produits devraient impérativement attendre le mois de novembre, après Halloween. Les 27 % restants préconisent une installation exclusivement réservée au mois de décembre. Aucun participant n’a plébiscité une arrivée dès septembre ou octobre.
Ce décalage porte un nom théorisé par les spécialistes du commerce : le « Christmas creep » (littéralement la « glissade de Noël »). Apparue dans les pays anglo-saxons dès les années 1980, cette pratique consiste pour la grande distribution à avancer chaque année la mise en rayon des produits festifs.
Plusieurs raisons logistiques et économiques expliquent ce phénomène :
Si cette anticipation s’avère stratégique pour les marques, elle brouille les repères temporels des clients. À Chaumont comme ailleurs, l’alignement des citrouilles d’Halloween juste à côté des pères Noël en plastique illustre ce télescopage des calendriers commercial et saisonnier.

Reste à savoir si cette omniprésence précoce finira par lasser les consommateurs ou si le « Christmas creep » s’imposera définitivement comme une nouvelle norme de la rentrée.

Fondateur et éditeur de Chaumont City, je conçois ce média indépendant comme un espace de découverte et de lien social. En tant que consultant digital et activateur France Num, j'accompagne également les associations et entreprises dans la création de leurs outils web et le développement de leur visibilité en ligne. En savoir plus