Luc Besson sublime le passé de “Dracula” et lâche le reste

Partie prenante que l’approche de Luc Besson dans son adaptation du “Dracula” de Bram Stoker. Délaissant grandement le présent de l’histoire, le cinéaste français choisit de s’intéresser au passé du prince roumain et de son voyage; comme vampire, dans le temps et l’espace. Loin de Coppola, mais bon quand  même. 

Comme un pari, le “Dracula” de Luc Besson cible le passé du comte roumain, rapidement devenu humatophage (ou vampire) dès le début de l’histoire. Ce n’est pas un Coppola, encore moins un Stoker, mais il a le mérite d’avoir sa patte. Jusque dans la presque jeunesse de son casting. Dans une roumanie du Moyen-âge, en 1480, le prince Vladimir (Caleb Landry Jones) doit quitter sa femme, Elizabetha (Zoê Bleu), et partir en guerre contre les musulmans. Alors qu’il mène bataille contre l’armée adverse, sa femme est prisepour cible par des mercenaires ennemis. Cette dernière meurt rapidement alors qu’il tente de la protéger. Cette perte va l’amener à renier la religion et Dieu et devenir un être assoiffé de sang. Pour quelle éternité ? 

Assez loin, tout en restant justement fidèle, de l’univers stokerien, Luc Besson dépeint un “Dracula” à son image, aussi jeune et originale qu’une cure de jouvence progressiste. A l’inverse de Francis Ford Coppola, le cinéaste français fait le choix de se focaliser sur le passé, plus que sur le présent. Et c’est dire si le casting, outre la présence  de Caleb Landry Jones, vu dans “Dogman” du même réalisateur, et de Zoé Bleu, donne la réplique à Ewens Abid (Jonathan Harker) et Raphael Luce (assistant d’un docteur Dumont). Non sans humour et prestance, ni perchitude certaine, qui plus est. Climax décoratif du film, le cinéaste offre un ballet macabre où des nonnes élèvent un vampire assoiffé de sang, dans les hauteurs monastiques. 

Un présent brouillon

Là où le passé du comte Dracula est sublimé, la relation d’amour pour sa femme, son dépaqrt  en guerre et son détachement de  la religion, le présent est balayé d’un revers de main. Pour le pire, incontestablement. Dans les trop rapides retrouvailles entre l’ancien leader roumain et sa femme, réincarnée en Mina Murray; sinon la détention de Jonathan Harker dans le château. Seul l’entre-deux, porté par un voyage dans le temps et l’espace, du passé au présent du film, ajoute de la saveur et maintient le bateau. Puisque dans une Italie de la Grande Peste, sinon dans une France de Versailles, sous Louis XV, où le vampire, moyennant l’acquisition d’un parfum enivrant à Florence, comme tout droit sorti d’un roman de Patrick Süskind. C’est magistral et beau !

3,7/5

L’info en plus : “Dracula” de Luc Besson est en salle au Cinéma A l’Affiche, aux horaires indiqués par le multiplexe : www.chaumont-cinemas.com

Crédit photos : EUROPACORP – TF1 FILMS PRODUCTION – SND. TOUS DROITS RÉSERVÉS – SHANNA BESSON

Al’ Warnet

Al’ Warnet

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.

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