
En postant une simple vidéo de maquillage sur Instagram, Gwendoline Clément, une créatrice de contenu chaumontaise de 27 ans, ne s’attendait pas à déclencher une telle tempête. Entre cyberharcèlement d’une rare violence et élan de solidarité inattendu, retour sur un phénomène numérique qui a propulsé cette conseillère beauté sur le devant de la scène.
Tout commence par la publication d’un « Reel », une courte vidéo au format vertical, présentant un « avant/après » maquillage. Ne souhaitant pas refaire sa prise, la jeune femme y associe instinctivement le mot « SOS » pour évoquer son teint. Alors qu’elle se trouve aux Restos du Cœur, où elle est bénévole, les notifications de son téléphone s’emballent. En une seule après-midi, la publication récolte plus d’une centaine de commentaires, plongeant la Chaumontaise dans l’incompréhension totale.
L’algorithme s’affole : la vidéo cumule près d’un million de vues en seulement 72 heures. Aujourd’hui, la publication affiche des statistiques vertigineuses avec des millions de vues et des milliers de likes et commentaires.
Si ces chiffres peuvent faire rêver, le contenu d’une grande partie des interactions est glaçant. Très vite, Gwendoline Clément fait face à une vague de cyberharcèlement massif. Les premiers commentaires se concentrent sur des moqueries liées à son physique, la comparant notamment au personnage de dessin animé « Peppa Pig ». Mais la situation prend rapidement une ampleur alarmante.
Certaines de ses vidéos sont détournées sur des plateformes comme TikTok. La créatrice reçoit alors des souhaits de mort ainsi que des menaces d’agression physique ciblées par message privé, certains individus exigeant son adresse pour « lui casser la gueule ». Face à ce déferlement de haine, la jeune femme a pris la décision de se rapprocher du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF). L’objectif est d’étudier les recours possibles et d’envisager, si nécessaire, un dépôt de plainte. Elle souligne par ailleurs l’ironie tragique de la situation : une partie de ces attaques provient de parents, dont le comportement en ligne fait tristement écho au harcèlement scolaire que subissent les plus jeunes.
Malgré la violence de la situation, Gwendoline Clément refuse de céder à l’intimidation. Aux internautes qui lui conseillent de passer son compte en privé ou de quitter les réseaux sociaux, elle oppose une fin de non-recevoir. « Je continuerai malgré ce que je peux subir, je continuerai », affirme-t-elle avec détermination.

Cette épreuve a également mis en lumière une face plus bienveillante d’internet. La jeune entrepreneuse a reçu de nombreux messages de soutien et d’amour de la part de parfaits inconnus. Des utilisateurs ont pris sa défense dans les commentaires, et de véritables liens ont pu se créer au milieu de cette adversité.
Surtout, ce « bad buzz » a eu un impact direct et paradoxal sur son activité professionnelle de conseillère beauté et bien-être. En l’espace d’une quinzaine de jours, son compte a attiré plus de 1 200 nouveaux abonnés. Si elle avoue qu’elle aurait largement préféré que cette notoriété se construise dans la bienveillance et sans violence , elle reconnaît avec pragmatisme que l’algorithme lui a offert un « gros coup de boost » pour se faire connaître. Une manière pour cette Chaumontaise de 27 ans de voir le positif dans le mal, et de transformer une épreuve numérique en opportunité.

Fondateur et éditeur de Chaumont City, j’ai créé ce média pour mettre mes compétences numériques au service des acteurs locaux. En tant que consultant digital, je vous accompagne pour développer votre propre activité en ligne. Retrouvez mes solutions et services dans la rubrique Evocion.