
Vestige de patrimoine autant que propriété privée, le château de Corgebin reste une porte d’accès, entre passé et présent. Suivant la vente du château à un régisseur, le domaine est passé de main en main, via un système de factures aujourd’hui perdues. Aucun élément d’histoire il n’y a donc, jusqu’à son acquisition par la famille d’Edith Meyer, descendante de commandeurs, dans les années 1950. Comme si ce lieu tendait à se faire oublier… ou pas.
Histoire floue que celle de la demeure du Corgebin, après son rachat par un particulier, vers 1815. De cette année, post-premier empire napoléonien aux années 1960, la propriété du château est passée de main en main, sans qu’aucune trace documentaire ne puisse certifier les personnes l’ayant possédé. Durant la seconde république, puis la troisième et la quatrième, comme durant la monarchie de juillet et le second empire. Rien ! Les bâtiments et autres vestiges, jouxtant le lieu principal, sont laissés à l’abandon et se détruisent d’eux-mêmes, sans qu’aucune datation ne puisse être faite, même par l’INRA. La chapelle et les tonnelles, notamment.
Au début des années 1950, les grands-parents d’Edith Meyer (actuelle propriétaire du lieu) achètent le château du Corgebin, en bons descendants de commandeurs. Et, près de dix ans plus tard, ils entament une rénovation du toit de la demeure, donnant, de fil en aiguille, lieu à une autre série de travaux. « Mes parents ont reconstruit le domaine tel qu’on le connaît aujourd’hui », confie-t-elle. Et ce, de façon à rendre vivable une grande partie du domaine.
En 1989, Édith Meyer acquiert naturellement la propriété familiale qu’est le château du Corgebin. Dans la droite lignée de ce qu’ont fait ses grands-parents, puis ses parents, elle s’efforce à maintenir la demeure debout. En parallèle d’un vaste chantier, la propriétaire crée, avec des descendants de commandeurs haut-marnais, une association dédiée au lieu. C’est le point de départ d’un ensemble de démarches pour ré-embellir ce vestige de patrimoine, autant que propriété privée.

Préservation des murs intérieurs et extérieurs, imprégnés de poil d’animal et de chaux, réaménagement du grenier (et anciennes mansardes), reconstitutions des portes en chêne… Au fil des années, de nombreux travaux sont entrepris dans le château par les membres de l’association. Le tout, avec l’aide généreuse et bénévole des habitant.e.s de la ville, parmi lesquels un groupe de 100 gendarmes, comme avec les fonds de la structure caritative et de certains de ses membres. En 2021, la demeure, suivant une candidature préalable, est sélectionnée dans le cadre de la mission Bern. La somme récoltée permet de refaire la façade du lieu.
Un lieu ouvert au public : Signe de son rattachement à une association éponyme, le château du Corgebin ouvre, de temps à autre, ses portes à des structures types IME, CADA, compagnie de gendarmerie, France Terre d’Asile. Le tout, dans le cadre de visites guidées et interactives.

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.