
Implanté à son emplacement actuel, avenue du Souvenir Français, le cimetière a une longue histoire de temps et d’espace, depuis le Moyen-âge. D’abord au plus près des Saints, puis hors des murs. Conséquences de conflits mondiaux, sinon d’effets de modes, le lieu funéraire a progressivement préféré des chapelles aux classiques tombes, des zones spécifiques au traditionnel lignage.
Comme pour ajouter une ambiance, la pluie a accompagné l’histoire du cimetière Clamart, situé avenue du Souvenir Français, un dimanche 10 mai, dès 14h30; Lieu où les morts, où plutôt les tombes et chapelles, sont des morts, il voit le jour dans les années 1790. Et de, après avoir respectivement depuis l’église Saint-Jean-Baptiste vers l’église Saint-Michel, au XIVe siècle, d’abord. Pour « être au plus près des saints », tel que souligné par Carole Andrieux, guide-conférencière indépendante. Puis, dudit second édifice vers l’emplacement actuel, hors des murs.

Souci d’hygiène oblige, le cimetière a, lors de son implantation dans la rue du Maréchal de Lattres de Tassigny, pas toujours été « un lieu de promenade. Il y avait des odeurs de morts », précise Carole Andrieu. Vite alerté de la situation, le roi de France, Louis XVI, légifère sur la propreté du lieu. Comme pour aller plus loin, le maire de Chaumont, dont l’identité est inconnue, interdit la création de nouveaux cimetières dans la ville.
Au milieu du XIXe siècle, vers 1865, une croix de mission est intégrée dans l’enceinte du cimetière Clamart. Le but étant de ramener les Chaumontais vers le chemin de la bonne conduite, avec la religiosité. Élément sur lequel on agira, pour éviter toute profusion, lors de la promulgation de la loi de 1905, sur la laïcité et l’interdiction de signes religieux dans l’espace public, hors des tombes. C’est le point de départ dans la distinction entre le privé et le public, entre le laïc et le religieux, la liberté de procession jouant le rôle de frontière.
Conséquence des deux conflits mondiaux du XXe siècle, les morts de guerre et civiles sont nombreux. Pour pallier ce problème et par obligation nationale, la Ville de Chaumont crée des espaces distincts durant les années 1920. Dès lors, un cimetière militaire est mis en place, au même titre que des carrés juifs et des monuments du souvenir français, ces derniers étant la propriété de la mairie. Aujourd’hui, on compte des milliers de tombes, voire plus encore, comprenant des inconnus, des morts pour la France ou encore des personnalités locales. Mais, c’est un autre sujet…
Sur les tombes, des fétiches religieux : Comme des symboles affublés aux sépultures, de nombreux éléments, notamment religieux, imprègne le cimetière Clamart. La figure du gardien, par exemple, fait le lien entre le terrestre et le céleste, tel un projecteur. S’agissant de la pomme de pin, elle représente la continuité de la vie. De plus, l’ancre, la croix et le cœur incarnent respectivement l’espérance, la foi et la charité. Enfin, le linceul se réfère au lien de filiation, au deuil et à l’immortalité.

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.