
Près d’un mois après l’élection du maire, Antoine Desfretier, dimanche 29 mars, Christine Guillemy reste toujours présente dans le climat local, politique et quotidien. Sillonnant les rues de la ville, passant devant la mairie, lieu qu’elle a occupé pendant presque 20 ans. Des projets, tout au long de ses deux mandats et demi, l’ancienne maire en a réalisé, même si elle n’aime pas tirer la couverture à elle. Aujourd’hui retirée de la vie politique, tout en restant attentive, elle prend le temps de se poser. Comme c’était le cas pour l’interview qu’elle a donnée, un vendredi 24 avril.
Modeste (ou, peut-être, humble), Christine Guillemy l’est, quand il s’agit de dresser le bilan de son engagement politique, long de 18 ans. Préférant attribuer le mérite aux élus qui l’ont accompagné durant ces deux mandats et demi, en tant que maire, au même titre que le personnel de la ville. Et, pourtant, des projets, l’élue en a menés, dès le départ ou à mi-parcours. Le Signe, le multiplexe À l’affiche, les travaux de la médiathèque Les Silos, l’obtention du label “ville d’art et d’histoire”, la mise en lumière du patrimoine (via un service dédié, où officient Anthony Koenig et Julien Marisi, NDLR)… Exit donc le procès pour immobilisme qu’on lui a souvent intenté et auquel elle a répondu, avec franchise. Aujourd’hui retirée de la politique, comme elle l’avait annoncé, au lendemain des élections municipales, en 2020, elle prend le temps du mot, des sorties extérieures, du rangement intérieur (de sa maison). Et, c’était aussi le cas lors de l’interview, donnée un vendredi 24 avril, en terrasse, sous le soleil.

Je vais très bien. Il fait beau à Chaumont. Je peux profiter un peu plus de la ville, des terrasses de café. C’est formidable. Et puis, j’ai beaucoup de choses à faire à la maison, je range mes papiers, trie mes dossiers.
J’espère pouvoir m’investir dans des causes qui me tiennent à coeur, pour l’Ukraine et l’Europe. En ce moment, je suis en train, avec un certain nombre de descendants de déportés, de remettre en place des structures dans l’arrondissement de Chaumont
C’est un peu mon regret. J’ai été la seule femme et, pour l’instant, on voit plutôt des hommes s’investir que des femmes, dans les villes et intercommunalités. C’est dommage.
Oui. C’est important de montrer que les femmes ont les mêmes capacités que les hommes, à gérer des équipes et une ville.
Rien n’est jamais complètement accompli. J’aurais encore voulu faire beaucoup de choses. Pour One Health, par exemple, sans être une écolo-radicale. Selon moi, il faut apprendre, dans une ville-nature comme Chaumont, à respecter la biodiversité, l’environnement et des humains qui y vivent, à mieux partager et vivre ensemble.
Ce n’est pas parce qu’on est une femme ou un homme politique qu’on est différent des autres personnes qui vivent dans la ville. Bien au contraire.
Je n’ai jamais souhaité vivre dans un palais ni avoir une voiture de luxe. Ce n’est pas ma personnalité, encore moins mon éducation. Et puis, il est bon de vivre ce que vivent les gens dans votre cité.
Je n’ai jamais fait semblant, je suis moi-même, j’aime les choses simples.
Je suis une citoyenne avertie. Bien sûr que je vais rester attentive à ce qui se passe, mais sans m’en mêler directement.

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.