Chiens en ville : Après la répression de l’été, le blues des maîtres responsables

Alors que l’automne s’installe sur Chaumont, le « tour de vis » opéré par la municipalité durant l’été 2025 laisse un goût amer à certains administrés. Cinq mois après le renforcement des sanctions contre les déjections canines, une lettre ouverte adressée aux futurs candidats des municipales de 2026 témoigne d’un climat social tendu, où les propriétaires de chiens, même les plus civiques, se sentent désormais indésirables.

L’été de la tolérance zéro

Souvenez-vous, c’était en juillet dernier. Dans son bulletin municipal, la Ville de Chaumont tirait la sonnette d’alarme face à une situation jugée « préoccupante » malgré les efforts des services de nettoyage. Pour lutter contre les déjections canines qui dégradent l’image de la ville, la municipalité avait choisi la méthode forte.

Depuis le 17 juin 2025, les agents de surveillance et la police municipale sont habilités à verbaliser les contrevenants avec une amende forfaitaire de 135 €. Mais la mesure la plus controversée fut sans doute le retrait des distributeurs de sacs (« toutounets »). La Ville avait justifié cette décision par un « souci de rationalité », arguant que ces équipements faisaient l’objet d’un usage abusif et se révélaient finalement « contre-productifs ».

« On ne se sent plus les bienvenus »

Si l’objectif de propreté est louable, la méthode semble avoir eu des effets collatéraux sur le lien social. Dans un courrier reçu récemment par notre rédaction, un couple de Chaumontais, souhaitant conserver l’anonymat, décrivent une atmosphère devenue hostile.

« En tant que maître respectueux des lois, je suis parfaitement d’accord qu’il faut agir contre ceux qui ne ramassent pas », précisent-ils d’emblée. Pourtant, ils constatent avec amertume que le discours municipal a eu un « effet néfaste ». Ils ne se sentent « plus le bienvenu[s] […] en particulier en centre-ville ».

Leur témoignage pointe du doigt une stigmatisation quotidienne. « A plusieurs reprises, mon épouse et moi avons même été pris à parti verbalement par des habitants qui, portés par le discours municipal, nous reprochaient de ne pas ramasser alors que nous promenions simplement notre chien en laisse », racontent-ils. Une agressivité gratuite qui, selon eux, n’existait pas « avant les campagnes de communication de la ville ».

Des propositions constructives pour 2026

Loin de se contenter de critiquer, le couple interpelle directement les candidats aux élections de 2026 avec une question centrale : « quelles actions envisagez-vous afin que les maîtres de chiens […] puissent partager l’espace public sereinement ? ».

Ils avancent plusieurs pistes concrètes pour apaiser les tensions et faciliter la vie des propriétaires responsables:

  • La création de parcs canins clôturés pour offrir des espaces de liberté sécurisés.
  • L’autorisation de promener son chien en liberté à certains horaires et dans certains lieux définis.
  • L’installation de bacs à crottes spécifiques ou de bacs « autres déchets » à proximité des zones de tri.
  • Des actions de sensibilisation, notamment auprès des enfants, sur les bons comportements à adopter face à un animal (ne pas courir, ne pas crier, demander avant de caresser).

L’enjeu politique : Le chien oublié du « One Health » ?

Ironie du sort, la municipalité actuelle met largement en avant son adhésion au concept « One Health » (« Une seule santé »), qui lie santé humaine, animale et environnementale. Un principe utilisé cet été pour justifier la création d’un rucher pédagogique et la préservation des abeilles.

Les auteurs de la lettre saisissent la balle au bond : pourquoi ce projet « One Health », engagé par l’équipe de Paul Fournié et Christine Guillemy, ne s’appliquerait-il pas aussi à l’intégration du chien en ville ? Entre répression sanitaire et intégration harmonieuse, le sujet de la place de l’animal promet d’être un débat de fond pour les prochaines municipales. La balle est désormais dans le camp des futurs candidats.

Source : La lettre ouverte (PDF)

Julien Chaumont

Julien Chaumont

Fondateur et éditeur de Chaumont City. C’est sa passion pour le numérique au service du territoire qui l’a poussé à créer ce média local. En tant que consultant digital, il met cette même expertise à votre service pour vous aider à développer votre présence en ligne. En savoir plus

Berthelot
D’Après votre description du problème, il s'agit surtout de l'attitude de certains habitants.