Patrimoine : Il était une histoire… de la Chapelle des Jésuites

Lieu aujourd’hui désaffecté, la chapelle des Jésuites n’a pas toujours été le lieu d’exposition d’art contemporain et de nuits électros. Construit durant le XVIIe siècle, l’édifice, qui n’a pas perdu sa sacralité, a toujours entretenu un lien avec la religion. Tour d’horizon… historique !

Aujourd’hui connue pour son accueil d’exposition et de nuits électros, la chapelle des Jésuites n’a pas toujours eu cette empreinte…  L’édifice voit le jour au coeur de la seconde ceinture de remparts de Chaumont (alors capitale financière de la région depuis le XIIIe siècle), durant le XVIIe siècle, zone réputée pour abriter les couvents des capucins, des carmélites, des Ursulines et des Jésuites. Après la pose de la première pierre en 1629, les travaux, initiés par les familles Roses et Des Hauts (toutes deux représentées par une certaine Marguerite) démarrent par la construction des cryptes souterraines. 

Pendant une dizaine d’années, certaines péripéties viennent empêcher le bon déroulement des travaux du monument (qui comprend la chapelle et l’actuel collège Saint-Saens). Retour forcé de Claude Collignon, premier architecte du lieu, et des ouvriers en Lorraine, alors considérée comme zone étrangère, et période de famille, entraînant, à minima, 2300 morts. Néanmoins, les rôles de Saint-Jean Baptiste et les dons récoltés, d’un montant équivalent à 3,6 millions d’euros, permettent de poursuivre les travaux. L’autel principal, puis la nef, l’autel sud, la tribune d’inspiration parisienne et le plafond de l’abside sont construits. Finalement, le collège des Jésuites voit le jour en 1640.

Vers la chapelle et au-delà

À peine ouvert au public, le collège des Jésuites connaît des complications structurelles, un des beffrois menaçant de s’effondrer et de toucher les pierres, fragiles, de l’édifice. Une destruction de ce dernier; puis une reconstruction, permet d’éviter tout incident.  Dans l’enceinte de l’édifice, les deux autels, l’un avec une sculpture de la Sainte-Vierge, l’autre avec un tableau du “martyr du pape Luce”, servent d’éléments distinctifs. Plus symboliques, l’épitaphe de Marguerite Des Hauts, remontée après la Révolution Française, et le coeur de Jean-Baptiste Bouchardon font office de reliques. 

Durant le XIXe siècle, de nouveaux travaux ont lieu, servant, cette fois-ci, à rénover la façade de la chapelle des Jésuites. En y ajoutant une empreinte classique. Ces travaux permettent, notamment, à l’édifice dans la première liste au titre de monument historique, en 1840. Lorsque le lieu devient propriété de la Ville de Chaumont, il est désaffecté et reconditionné en un espace d’exposition d’art contemporain. Outre cela, on peut, aujourd’hui, retrouver des signes religieux, parmi lesquels l’inscription “Jésus, sauveur des hommes” ou encore les marques d’une dédicace (dédié à Dieu), des trous pour les cierges ou la représentation des apôtres sur les vitraux.

Le petit plus “fact” : A ce jour, la chapelle, puisque désaffectée, n’a pas perdu sa sacralité et la tenue d’animations, comme les nuits électros, dépend encore de l’approbation d’un représentant religieux, l’évêque de Langres. De même, par ce caractère, des messes pourraient encore se tenir, même si aucune n’a eu lieu depuis plusieurs décennies (hypothétiquement depuis les années 1970).

Al’ Warnet

Al’ Warnet

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.

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