
Depuis la création de notre média, nous racontons Chaumont au présent : ses événements, ses réussites, ses acteurs. Mais avant d’être la préfecture dynamique que nous connaissons aujourd’hui, Chaumont est d’abord une cité façonnée par dix siècles d’histoire. Retour sur les grandes étapes qui ont construit son identité.
L’histoire documentée de Chaumont remonte au Xe siècle. Aux alentours de 955 naît Geoffroy Ier de Chaumont, le seigneur auquel la ville doit ses premières fondations. Installée sur un éperon rocheux dominant la vallée de la Suize, Chaumont bénéficie très tôt d’une position stratégique qui attire pouvoirs et convoitises.

Il faut cependant attendre le XIIᵉ siècle pour voir la cité se transformer en profondeur. L’arrivée des comtes de Champagne marque un tournant décisif : en un siècle à peine, Chaumont prospère. Paysans, artisans et marchands affluent, donnant naissance à un véritable pôle économique régional.

C’est également durant cette période que débute la construction de l’un des monuments emblématiques de la ville : la basilique Saint-Jean-Baptiste, aujourd’hui encore héritage vivant de cet essor médiéval.
La puissance de Chaumont atteint un sommet à la fin du XIIIᵉ siècle, notamment grâce au mariage de la fille d’un comte de Champagne avec le roi de France Philippe le Bel, symbole de l’intégration progressive de la ville dans la sphère royale.
Un autre événement marque profondément l’identité chaumontaise : la création, en 1475, du Grand Pardon. À la demande de Jean de Montmirel, évêque de Langres, le pape Sixte IV accorde par bulle pontificale une indulgence exceptionnelle à tous les fidèles se rendant à Chaumont pour prier et se confesser lorsque le 24 juin coïncide avec un dimanche.

Le succès est immédiat. Dès ses premières éditions, plusieurs milliers de pèlerins convergent vers la ville. Le record ? Près de 100 000 visiteurs en 1934, transformant Chaumont en capitale spirituelle éphémère. Le prochain Grand Pardon aura lieu le 24 juin 2029 : ce sera la 82ᵉ édition d’un rite vieux de plus de cinq siècles.
Si Chaumont brille dans la sphère religieuse, elle n’en reste pas moins un lieu clé de l’histoire politique européenne. Le 1er mars 1814, alors que l’Europe est en pleine campagne contre Napoléon, la ville accueille la signature du Traité de Chaumont. Autriche, Russie, Prusse et Royaume-Uni y concluent une alliance militaire de 20 ans, scellant leur engagement à ne signer aucune paix séparée avec la France.
Ce traité, pensé pour maintenir l’unité des puissances coalisées après leurs victoires – notamment celle de Saint-Dizier, dans notre département – fait de Chaumont la capitale diplomatique d’un jour. Le texte est signé séparément par les représentants des quatre nations, renforçant la cohésion d’une coalition qui façonnera l’Europe post-napoléonienne.
De la seigneurie médiévale au théâtre des grandes manœuvres diplomatiques, en passant par un événement religieux unique au monde, l’histoire de Chaumont est celle d’une cité qui n’a cessé de jouer un rôle dépassant largement son apparente tranquillité.

Aujourd’hui encore, ces héritages continuent de façonner son identité et son attractivité — rappelant que Chaumont, bien avant d’être une préfecture moderne, fut un véritable carrefour d’influences spirituelles, économiques et politiques.

Passionné de sport et de communication, Nolan Malagnoux s’investit avec énergie pour valoriser Chaumont et sa vie locale. Curieux et motivé, il participe à l’aventure Chaumont City en apportant ses idées et son sens journalistique.