
Porté par Marie Fortuit et Lucie Sansen, “La vie en vrai” d’Anne Sylvestre pâtit d’une mise en scène faible comme un “talon d’Achille”. La reprise du répertoire, juste prolongement de la partition, peine à élever l’essentiel du spectacle.
Par Al’ Warnet
Si la musique d’Anne Sylvestre a deux belles voix en héritières, les dialogues de la “Vie en vrai”, eux, tombent vite dans le néant. Dès son flot (et flow) de questions, façon (presque) interview, vidé de ses réponses, en l’occurrence, entre les comédiennes Marie Fortuit et Lucie Sansen. Sur la femme, évidemment, sa place en société, ses failles, ses forces, ses sœurs d’arme, sa vie de famille, sa carrière… Le tout, pour mettre en lumière un mot majeur, tel une note un tantinet mauvaise : sororité !
Signe d’un début mal amené, le pitch du spectacle met en lumière une œuvre (autobiographique) et une existence d’artiste renommée. La balance est, de facto, déséquilibrée dans son enchaînement scénique, qui les reprises musicales et les moments de vie d’Anne Sylvestre. De fabulettes en titres plus sérieux, qui sont là la consistance de “La vie en vrai”, le baiser lesbien (avec une certaine Nadia) et les déceptions amoureuses ont voix au chapitre. Avec “Les Frangines”, “Il s’appelait Richard”, “Jalousie sous l’arbre”… Le tout, au rythme de jeux au piano et à l’accordéon. Ce qui pourrait être exquis, sans les fautes de dialogue.

De retransmission d’entretiens en voix planantes, les mots d’Anne Sylvestre, comme ceux de sa muse Michèle Bernard, résonnent au fil du spectacle. Par des bons mots, le plus souvent, sinon des révélations intimes sur le militantisme, la vie intime, les différences de considération entre homme et femme et, à terme, sur la femme comme être au monde. De quoi donner, plus encore, une résonance au maître mot, peu salvateur : Sororité ! Comme clou du spectacle, l’interprétation conclusive de la chanson “Des gens qui doutent” élève, à petite volée, la mise en scène globale. Résultat donc, façon mention d’épreuve : assez bien !
Un nom martyr : Dans le sillon d’Anne Sylvestre et de Michèle Bernard, comme de Lucie Sansen et Marie Fortuit, le féminin est le point d’orgue de “La vie en vrai”. On y trouve ainsi, et dans un important retour dans le passé, une femme martyr, exécutée en 1679, suite à une chasse aux sorcières.
Crédit photos : Esmeralda Da Costa

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