
L’installation d’art contemporain de Guillaume de La Follye de Joux, visible depuis la mi-septembre à la chapelle des Jésuites de Chaumont, ne laisse pas le public indifférent. Entre incompréhension, traits d’esprit et défense de la liberté artistique, la toile s’est rapidement enflammée autour de cette proposition pour le moins atypique.
Au-delà de la surprise visuelle, « Aires Roncifères » s’appuie sur une démarche documentée, détaillée à l’entrée de l’édifice. Le panneau explicatif précise que cette installation est née d’une résidence artistique dans le Lot-et-Garonne. L’artiste, né en 1997 et diplômé de l’École supérieure d’art de Lorraine, centre sa pratique sur l’exploration des territoires en transition.
Les œuvres exposées sont constituées de pneus agricoles massifs (de marques Kleber, Peltas ou Firestone) méticuleusement habillés de ronces, de peinture acrylique, de mousse et de lichen. Suspendus pour certains par de grandes sangles bleues qui contrastent avec la pierre de la nef, ces pneus symbolisent les traces d’abandon du monde agricole et leur transformation occasionnelle en éléments défensifs ou en barricades. L’ensemble, qui s’inscrit pleinement dans la saison culturelle « BRUT », cherche à faire écho aux mutations environnementales du territoire haut-marnais.
Sur les réseaux sociaux, la confrontation entre l’architecture historique de la chapelle et l’aspect brut des sculptures a d’abord inspiré les amateurs de bons mots. Les internautes s’en sont donné à cœur joie, soulignant avec ironie que l’œuvre « ne manque pas d’air » ou s’amusant d’un « qui pneu le plus, pneu le moins ».
Cependant, une large part des commentaires exprime un rejet franc. De nombreux internautes estiment que ces éléments n’ont pas leur place dans un lieu au tel cachet architectural, regrettant parfois les expositions d’artisanat d’art d’antan. D’autres remettent en question la dimension artistique du projet, comparant l’installation à une décharge à ciel ouvert ou exprimant leur stupéfaction face à ce qu’ils considèrent comme une simple accumulation de déchets.
Au milieu de cette levée de boucliers, quelques observateurs invitent à la prise de recul. Des contributeurs rappellent que l’art contemporain a intrinsèquement pour vocation de bousculer les codes et que l’histoire de l’art a toujours produit des œuvres controversées avant que le temps ne fasse son œuvre.
Enfin, certains soulignent le paradoxe de la situation : en suscitant une telle polémique, l’exposition atteint au moins l’un de ses objectifs en créant le dialogue et en attirant l’attention sur la chapelle des Jésuites. Une invitation indirecte à venir observer par soi-même la scénographie globale avant de trancher.

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