Au Signe, l’asile fait expo, conférence et témoignage

Au Signe, une soixantaine de personnes ont participé à un temps dédié à l’asile et l’immigration. Une conférence et des témoignages ont animé le rendez-vous. Le public a également pu découvrir une exposition photo retraçant le quotidien, par étapes clefs, des bénéficiaires chaumontais et des bénévoles. 

Au Signe, l’immigration a eu des tons d’enjeux électoraux et de politiques… bien locaux. Jeudi 19 mars, dès 14h, une soixantaine de personnes, parmi lesquelles le public concerné, ont assisté à un temps conférencier dédié aux parcours de demande d’asile. 

Comme un message envoyé au contexte municipal à Chaumont, Jean-Michel Géridan, directeur du Signe, a invoqué le poids du préjugé, sur l’ethnicité, l’âge, le genre (ou son expression) ou encore la sexualité. Qui sonne, clairement, comme «  une sentence sans appel. Le conditionnement (au préjugé, NDLR) peut entraîner ce que l’art désigne de dissonance cognitive »

Toujours dans son discours, le directeur du Signe a fait référence aux paroles de Jacques Brel, à l’affaire Dreyfus et à la rhétorique ont, elles, servi de lien à l’actualité récente. Celui où “la France aux français” de Jean-Marie Le Pen devient “Chaumont pour les Chaumontais” de Cyrille Vedrenne. 

Témoigner et revendiquer

Suivant ce temps de parole, au nom d’un art défenseur et militant, des bénéficiaires de France Terre d’Asile ont raconté leur quotidien, souvent difficile, en France (et à Chaumont). C’est le cas d’Igor, natif du Congo, qui a parlé d’absence, de liens familiaux brisés, de pertes de repères, de poids du regard et de nécessité de vivre autrement. 

Pour Raymond, demandeur d’asile résidant à Chaumont depuis juin 2025, il a été question du difficile voyage. « La mer Méditerranée, ce monstre, avale les vies et les histoires, et recrache le silence », a-t-il confié, non sans peine et tristesse. Pour le jeune homme, l’intégration, qui n’est pas simple, est à contre-courant de l’idéalisation faite dans les médias et les manuels de son pays d’origine.

Par ces récits de vie, les différents témoins ont démontré qu’ils étaient de “chanceux” résistants. « Nous sommes des voix que la vie n’a pas pu noyer, des coeurs qui battent encore, des citoyens du monde », a également déclaré Raymond. En cela, ils souhaitent être considérés pour ce qu’ils sont et non comme un numéro, un dossier, une signature ou un entretien. De même, ils veulent vivre dignement, aux mêmes conditions que tout Français. En travaillant, notamment.

Des photos pour parler de la réalité de l’asile : Suivant le temps de conférence, le public a pu découvrir une exposition photographique, illustrant les étapes de vie des personnes demandeuses d’asile, à Chaumont. De gauche à droite et de haut en bas, elle retrace l’arrivée à la gare de la ville, l’accompagnement dans les démarches, la participation aux activités et l’engagement des bénévoles. Le tout, en intégrant des portraits de certains bénéficiaires. 

Plus d’infos : Les expositions “Petits spécimens 10”  (jusqu’au 3 mai), “L’herbier de Gustave Dutailly” (jusqu’au 28 juin) et “Un voyage illustré en Ukraine” (jusqu’au 20 septembre) sont également visibles au Signe.

Al’ Warnet

Al’ Warnet

Al’ Warnet est journaliste et contributeur régulier à Chaumont City. À travers ses articles, Al’ met en lumière les visages, les parcours et les histoires qui façonnent la ville. Sa plume sensible et engagée apporte un regard singulier sur la vie locale.

  • aldricwarnet@gmail.com
  • simplyal80
Igor

J'ai apprécié